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Publié par René Mettey

Revenu universel, revenu citoyen (je préférerais revenu du citoyen), impôt négatif : le sujet est à la mode en ces mois d'élections...

Ce revenu donné à tous sans condition semble une utopie à beaucoup, un scandale pour d'autres -enlever tout sens à la "valeur travail", "favoriser l'assistanat"- .

En fait cette mesure est : 1/utile moralement et socialement 2/finançable sans surcoût et même bénéficiaire. Mais à la condition de l'appliquer intégralement dans tous ses items, sinon elle est dispendieuse et même néfaste pour la société.

Cette proposition, je l'ai lue exposée par un éminent économiste dont j'ai oublié le nom, dans une double page du quotidien Le Monde il y a déjà plus de quarante ans ! Les bonnes idées ont du mal à être acceptées.

Plutôt que d'en exposer le principe, illustrons-la :

Aujourd'hui un employeur paye un employé mais lui retient (car "part employeur" et "part employé" est un faux-semblant : le patron paye les deux parts !) des cotisations sociales : CSG, CRDS, allocations familiales, transport, veuvage, chômage, retraites variées etc. Ces cotisations sont envoyées à différents organismes, traités par ceux-ci, reversés, après moult calculs de comptables, de percepteurs, de payeurs, moult vérificateurs, contrôleurs, secrétaires, standardistes...

Et le citoyen reçoit de tous ces organismes allocations familiales, logement, chômage si besoin, retraites variées, ad libitum. (exemple : je reçois une retraite de la caisse d'allocation vieillesse, de l'IRCANTEC, de l'AGIRC, de l'ARRCO !).

Avec le revenu du citoyen, l'État verse un revenu suffisant pour vivre, très sobrement mais sans misère, à tout citoyen. Admettons 1 000 € par adulte majeur, 500 € par enfant, 1 500 par retraité. Et il les verse à TOUS, l'impôt sur le revenu progressif se chargeant de récupérer sur les plus fortunés. Et il supprime TOUS les organismes sociaux.

Ainsi chaque citoyen a le choix de vivre sans travailler, ou avec un emploi mi-temps, temps partiel, voire un "petit boulot" pour vivre dignement. Charge à lui, s'il veut mieux vivre, d'occuper un emploi mieux rémunéré.

Par ceci l'État supprime tous les organismes extrèmement  coûteux qui collectent les cotisations  les trient et les reversent. Les économistes de profession ont fait les calculs, et cette économie est considérable, capable de financer à elle seule le coût de la mesure. L'éventuel déficit pouvant être comblé par une progressivité plus forte de l'impôt. Plus de caisse d'allocation familiale, d'URSSAF, de caisses de retraite (CNAV, ARRCO, AGIRC, IRCANTEC etc.), d'allocation logement...

Seule la couverture de la santé poserait quelques problèmes, mais faciles à résoudre : une CSG modérée suffirait à couvrir les dépenses de sauvegarde (interventions, dialyse rénale, greffes, consultations au tarif secteur 1 et sans dépassement d'honoraires, génériques), libre à chacun de se couvrir par une mutuelle de son choix pour accéder à des praticiens prestigieux, être hébergé dans des cliniques luxueuses, voire à l'hôpital américain de Neuilly comme nos dirigeants socialistes...

Les employeurs reverseraient ces cotisations à leurs employés, dont le salaire augmenterait d'autant : relance par la consommation ! Ces employeurs feraient une économie de gestion considérable, et voire même pourraient ne reverser qu'une part des cotisation (le 1/3 par exemple) : relance de l'économie par la compétitivité !

La relance de l'économie serait donc "par les deux bouts".

Chaque citoyen serait alors chargé de mettre de côté une partie de son salaire, augmenté des anciennes cotisations, pour sa retraite, complétant les 1 500 € qui lui seraient alloués, mais certains s'en contenteraient ! Il devra épargner aussi pour ses périodes de chômage, complétant un salaire, déjà réévalué par la non-rétention des cotisations,  par ce revenu de 1 000 € mensuel, de même qu'en cas de maladie, de grossesse.

Des organismes privés ou mutualistes (fonds de pension, caisses de sécurité sociale privées comme il en existe déjà, mutuelles de santé, de chômage, d'arrêt maladie...) s'en chargeraient. Des secteurs importants de l'économie seraient relancés ou créés, résorbant en effet secondaire les fonctionnaires licenciés par la disparition des organismes sociaux, fonctionnaires dont une grande partie pourrait être redirigée sur un autre secteur, déficitaire en travailleurs,  de la fonction publique : une secrétaire de la sécurité sociale peut très bien devenir secrétaire médicale hospitalière ! Voici une cause troisième cause de relance de l'économie !

Mais là encore, je précise bien, comme l'a fait l'auteur de cet article, cette réforme doit être accomplie dans sa totalité pour être viable.

Quand Christine Boutin, présidente du parti chrétien-démocrate, dans sa posture de charité chrétienne, propose un revenu universel en ne versant qu'une allocation au petits revenus, elle engage des dépenses folles pour l'état sans aucune rentrée ! Elle ne propose en fait qu'augmenter les impôts des classes moyennes et supérieures, qui en ont assez de cette "redistribution" marxiste, ou d'augmenter le déficit et la dette. L'enfer est pavé de bonnes intentions !

Benoît Hamon fait la même chose, dans cette idéologie, au moins clairement affichée. Il n'économise qu'à la marge en regroupant les multiples aides actuelles, mais  que très peu, gardant les multiples organismes sociaux.

Enfin il est nécessaire de préciser que ce revenu citoyen doit être versé uniquement aux citoyens français ! Même un travailleur étranger en situation régulière ne la toucherait pas, sauf après naturalisation. Sinon le monde entier va rappliquer en France, détruisant et cette réforme et la relance économique !

 

 

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Langlaude 26/04/2017 14:35

Bonjour Mr Mettey
Je lis toujours vos posts de blog lorsqu'ils paraissent. Pourquoi ne pas vous abonner à Mediapart pour y publier vos posts? Vous auriez plus de lecteurs et peut-être plus de critiques...Mais cela vaudrait la chandelle!
françoise