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Publié par René Mettey

OUVRAGE EN COURS D'ÉCRITURE

MOLLOCH, le Dieu Mauvais.

(Le livre qui rend fou)

Table des matières.

Avertissement. .

Avant-propos.

Préface.

Chap I Le grand Dieu sémite El et sa descendance. (S&A) Les Dieux sémites. (G) Canaan, Carthage.

Chap II. YHWH, Dieu tribal sémite des hébreux et des juifs. Le christianisme. Le catholicisme, le protestantisme. L'orthodoxie. Le Dieu jaloux.

Chap III. Islam et Allah (le vieux Dieu sémite El: Al Ihla = Allah)

Chap IV. Les tentatives d'échapper au Dieu mauvais:

Zoroastre, manichéisme, bogomiles, Cathares, Hindouisme. Les bouddhismes.

Chap V. Les religions d'Amérique précolombiennes.

Chap VI. Les celtes, germains, scandinaves.

Chap VII. Les religions de tolérance: polythéisme égyptien, grec, romain.

Chap VIII. Quelques exemples de la bonté de Dieu.

L'amour et le sexe.

Dieu éprouve ceux qu'il aime.

La justice

Dieu se réjouit des sacrifices humains.

Postface.

Bibliographie

Quelques prières chrétiennes.

Deux nouvelles en mille mots.

Acte de contrition.

Annales akashiques.

Dédicace:

À FRIEDRICH NIETZSCHE

ARCHÉTYPE DU HÉROS CHRÉTIEN

Avertissement.

Attention ! Ce livre peut rendre fou ! Si vous décidez de le commencer, vous devrez le lire jusqu'à la dernière ligne du dernier paragraphe.

Je vous aurai averti, et ne serai pas responsable des dépressions, suicides, hospitalisations en réanimation ou psychiatrie de ceux qui n'auraient pas suivi mon conseil.

Pour ceux de mes amis ou de ma famille, pour ne pas être décontenancés, allez tout de suite au dernier chapitre avant d'en commencer la lecture.

Avant-propos.

Je vais démontrer en ce livre qu'il n'y a qu'un seul Dieu. Belle découverte à vrai dire ! Non, terrible découverte, car il est le Dieu Mauvais.

Je suis le seul, depuis l'origine des temps et parmi les penseurs, à arriver à la conclusion de cet ouvrage. Les peuples de l'antiquité en avaient déjà émis l'hypothèse, surtout les Babyloniens, avec leurs dieux ayant gardé l'immortalité pour eux et laissé la mort aux hommes; mais ils en étaient restés au polythéisme pour adoucir le message. Les dieux se partageaient les rôles. Chez les Égyptien, Seth est un dieu mauvais, mais Amon un roi équitable, Osiris une promesse de résurrection. Chez les Babyloniens, si on est soumis aux Dieux, ils vous permettent de chanter, aimer, se remplir la panse avant la mort (Épopée de Gilgamesh). Les Grecs, Romains, Celtes, Nordiques, les dieux sont amoraux, sans bonté, mais peuvent faire partager aux hommes un peu de leur félicité: les guerriers morts au combat vont au paradis de Wotan ou Odin. Mais pour tout le reste: les limbes (Romains, Grecs)! Les monothéistes, par désespoir et se cacher ce qu'ils devinent, en pincent pour un Dieu de bonté, feignant d'ignorer les aspects négatifs, les plus nombreux et annihilant les positifs (Hébreux, Juifs, Chrétiens, Musulmans). Les dualistes, qu'ils soient dualistes absolus (manichéens, deux Dieux d'égale force, du mal et du bien) ou relatifs (les cathares, le Dieu bon faible dans la matière mais devant finalement gagner dans l'esprit) ont réalisé de misérables tentatives pour sortir de ce dilemme. Des hommes libre d'esprit et courageux glissèrent vers l'athéisme, en passant par le théisme (un Dieu personnalisé commun à tous), le déisme (un Dieu indifférencié qui crée l'univers puis se désintéresse des hommes et n'intervient plus dans leur histoire), et vont même plus loin: le matérialisme. Car l'athéisme n'est que la négation du Dieu imaginé par les tenant du monothéisme (et de toutes ces constructions composites et bancales tel que l'hindouisme "un monothéisme caché sous une présentation polythéiste").

Le matérialisme réduisant toute chose à l'existence ici et maintenant. Or l'ici et maintenant ne peut exister que contenu dans un " partout et éternel" qui est contenu dans la référence absolue, Dieu.

Je suis le seul à dire: il n'y a qu'un seul Dieu, créateur de toute entité, matérielle ou conceptuelle, et ce Dieu est mauvais! Je suis tout au moins le seul à oser formuler cette évidence

. Un seul, Nietzsche, dans son combat contre le christianisme (s'est-il rendu compte qu'en fait il se battait contre Jéhovah, bourreau de Jésus?), est arrivé à cet extrême, mais n'a pas osé la formuler, préférant se terrer dans le mutisme absolu pendant onze interminables années avant de mourir. Cherchant avec un acharnement désespéré à débarrasser le christianisme des scories rajoutées par des siècles de penseurs pervers, ces "pères" de l'Église qui étouffaient le message du fils, ces "réformateurs" qui tordaient le message évangélique au prisme de leur esprit schizophrène, ces docteurs de l'Église qui tuaient le malade au lieu de tuer la maladie, il accéda, horrifié, au centre du mystère et fut brûlé par le rayonnement divin. C'est pourquoi ma dédicace est pour Nietzsche, héros chrétien par excellence.

Je suis le seul penseur néo-nietzschéen, ou tout au moins je n'en connais pas d'autre véritable.

C'est pourquoi je préviens: si vous subodorez ce que cet ouvrage renferme, et ne vous sentez pas capable de le supporter, n'ouvrez pas ce livre, car il rend fou !

Préface.

Il n'y a qu'un seul Dieu, car s'il y a une pensée ou une conscience suprême, elle ne peut être qu'unique, car elle est exclue de tout corps qui l'héberge. Si même l'univers est son corps, il n'y a qu'un univers. Dans le polythéisme, il peut y avoir plusieurs dieux, mais il s'agit de représentations de qualités de Dieu par les hommes. Il se pourrait même qu'il y ait effectivement des pensées séparées, mais il ne s'agirait que d'émanation de la pensée primitive. Dans l'hindouisme, il peut effectivement y avoir un Brahman, informel et incréé, de qui émanent en se "solidifiant" à des niveaux inférieurs, des personnalisations (Brahmâ, Vishnou, Shiva) puis des avatars, mais tout est dans le Brahman.

Alors la tentative, quand on se sera rendu compte que Dieu est le Dieu mauvais, de nous sauver du désespoir en tentant de faire naître une dualité Dieu du bien-Dieu du mal (Zoroastre, Manès, Cathares), échoue. Il n'y a qu'un seul Dieu, et, comme le mal existe et annihile le bien*, par là même il ne reste que le Dieu mauvais. Il faut distinguer le "Dieu du mal ", ce qui laisse supposer un Dieu du bien, du "Dieu mauvais", qui est la qualification du Dieu unique).

*Le souvenir du malheur, c'est encore du malheur; le souvenir du bonheur, ce n'est plus du bonheur. En somme que, si nous subissions en temps égal le malheur et le bonheur, le souvenir ferait que nous passions les trois-quarts de notre temps dans le malheur !

Chap I Le grand Dieu sémite El et sa descendance. (S&A)

Les Dieux sémites. (G) Canaan, Carthage. Le Grand Dieu sémite des origines de toute mythologie est El, avec ses compagnes et ses enfants et petits-enfants, dont un certain Yahvé. Baal, Baal Hamon, Moloch. Dieux mauvais. On les craint, ne les aime pas, on en a peur. Babyloniens: "les dieux ont été injustes, ils ont gardés pour eux l'immortalité, et ne nous ont laissé que la souffrance et la mort!", "chante, ris, bois, copule, emplie-toi la panse tant que tu es vivant et que les dieux te le permettent!" C'est en somme le seul bonheur que les dieux laissent aux hommes. (Épopée de Gilgamesh).

Chap II. YHWH, Dieu tribal sémite des hébreux et des juifs. Le christianisme. Le catholicisme, le protestantisme. L'orthodoxie.

Le Dieu jaloux. Sémites hébreux. Reprennent le même thème: le nomment Yahvé (YHWH), Dieu unique mais reprennent le nom d'un dieu polythéiste sémite. Dieu tribal, monolâtrie plus que monothéisme. Simone Weil, cette grande mystique chrétienne d'origine juive, normalienne élève d'Alain, agrégée de philosophie, eut des mots durs pour YHWH : « Dieu a fait à Moïse et à Josué des promesses purement temporelles à une époque où l'Égypte était tendue vers le salut éternel de l'âme. Les Hébreux, ayant refusé la révélation égyptienne, ont eu le Dieu qu'ils méritaient : un Dieu charnel et collectif qui n'a parlé jusqu'à l'exil à l'âme de personne. […] Il n'est pas étonnant qu'un peuple d'esclaves fugitifs, conquérants d'une terre paradisiaque aménagée par des civilisations au labeur desquelles ils n'avaient eu aucune part et qu'ils détruisirent –qu'un tel peuple n'ait pu donner quelque chose de bon. […] En dehors du médiateur, la présence de Dieu à l'homme ne peut être que collective, nationale. Israël a simultanément choisi le Dieu national et refusé le médiateur; il a peut-être tendu de temps à autre au véritable monothéisme, mais toujours il retombait, et ne pouvait pas ne pas retomber, au Dieu de tribu ».

Dieu méchant et mauvais, Dieu jaloux et colérique, injuste: "je te maudis toi et les tiens jusqu'à la septième génération!(*citer bible) -que tu me maudisses moi qui ai péché, je veux bien, mais pourquoi mes enfants? -parce que j'aime bien maudire!".

Dieu qui invente la Shoah: l'anathème, où l'on tue homme, femmes, enfants, vieillards, animaux, rase la ville et même répand du sel sur le sol pour le rendre infertile! (Jéricho etc...).

Invasion et pillage des terres des Cananéens. Anathème. (livre de Josué). On a calculé que Josué a fait pendre 16 rois cananéens! Dieu fait menacer Ramsès des pires maux, et "il endurcit le cœur de Pharaon" pour qu'il refuse. Voir le livre de la collection "spiritualité" sur les Cathares.

La midrash araméenne qui a donné le Notre Père: "et ne nous soumets pas à la tentation"! D'ailleurs la Genèse elle-même (reprise de traditions sémites anciennes) montre un créateur sadique qui place l'homme et la femme en situation d'être tenté et de chuter immanquablement (celui qui place un homme et une femme au milieu d'un jardin, en leur disant "tu peux goûter aux fruits de tous les arbres du jardin, sauf de celui-là" , et qui sait que la transgression de cet interdit entraînera la mort, est comparable à un père qui partirait une après-midi de son appartement en laissant ses deux enfants seuls dans leur chambre à jouer, un revolver chargé et armé sur une table, en leur disant "vous pouvez vous amuser avec tout ce que vous voudrez, mais ne touchez pas à ce jouet-là". Est-ce bien digne d'un Dieu? et d'un Dieu-le père de plus... (Carnets d'adolescence).

Abel et Caïn: pourquoi Dieu refuse-t-il les cadeaux de Caïn? (l'histoire ne le dis pas). D'ailleurs, Yahvé se rend compte qu'il en est pour quelque chose dans le meurtre d'Abel, et se sent un peu coupable. Il ne tue pas Caïn (ceci n'est pas un exemple de Sa bonté, car il fera mourir des milliers d'enfants égyptiens par la suite, et juifs lors du massacre des innocents par Hérode, plus quelques dix mille Hébreux sur le Sinaï), mais se contente de le punir d'exil à perpétuité. Ce jour-là, en somme, il invente l'abolition de la peine de mort et son remplacement par la "perpét". Que n'eût-Il continué !

La Bible hébraïque est tellement grotesque qu'elle a pu être traduite en argot avec facilité... Les situations prêtent toutes avec facilité à rire. L'ouvrage de Paul Devaux, "Le livre des darons sacrés", est un monument d'humour et de comique. Partout on y voit un Dieu colérique, jaloux au sens trivial du mot, sadique, se réjouissant du mal que font ou subissent les hommes (fils de pharaon, mort des nouveau-nés égyptiens, plaies d'Égypte), torturant moralement et physiquement son peuple (il les soumet à la tentation du veau d'or, puis les fait errer quarante ans dans le désert...). Finalement les Hébreux étaient plus heureux sous la férule de Ramsès que sous le joug d'YHWH!. Tout ceci évident si on estime que Dieu est omnipotent et omniscient !

Les Égyptiens.

Akhenaton essaya d'imposer le Dieu unique et bon (voir le merveilleux hymne au soleil qui a donné le psaume 104 de la Bible), Aton. Mais le Dieu Amon reprend le dessus. D'ailleurs le Dieu bon Aton n'intervient pas: l'Égypte sous Akhenaton et Néfertiti dégénère, ce qui justement réinstallent Amon (et le pharaon Toutankhamon) au pouvoir. Amon: a donné amen. Les Hébreux emportent avec Moïse, le nom et l'idée du Dieu unique. Et que récoltent in fine les Hébreux (vrais ou supposés tels)? La Shoah! On leur donne un état? Kamikazes palestiniens.

Les Chrétiens .

Voir la remarque sur le pater noster. Jésus, fils de Dieu, en fait fils du Dieu de bonté: abandonné par son père ("Ehli, Ehli, lama sabachthani !") torturé, crucifié. Il était trop bon! Il prêchait un Dieu de bonté, cela n'a pas plus à Jéhovah! Juda, traître inspiré par Jéhovah (puisque Jésus le sait et l'a démasqué), n'a comme tout salaire, que le désespoir et le suicide! Et que récoltent les premiers chrétiens? Extermination, repas vivants des fauves, crucifixion ou brûlés enduits de poix, sur le grill etc...

Et que fait l'Église catholique ensuite? Au lieu de se souvenir des persécutions antiques, elle tue, torture, extermine (« tuez les tous...» là encore, Dieu s'amuse à tuer ses fidèles!!!), brûle en masse les femmes et les jeunes filles, les êtres les plus doux et les plus faibles. Elle massacre les Cathares, les doux "Purs" non violents. (reprendre hist du cath = hist de bûchers: Dieu aime l'odeur de chair brûlée; Pyrénées) Jean Hus, qui s'éleva contre la déchéance du clergé catholique : brûlé ! Quant aux protestants, on leur doit le génocide des Amérindiens! (et des autochtones australiens, tasmaniens, bushmen, maoris). D'ailleurs, Calvin, le serviteur du Dieu mauvais (il fallait oser la formuler, la prédestination!!!) avait déjà fait brûler Michel Servet.

Un chef d'état d'une ile du pacifique menacée de disparition par la monrtée des eaux,sidait, sa Bible sous le bras : "Dieu ne nous abandonnera pas". Bien, qu'il attende...)!

Les Arméniens: jamais peuple ne fut plus pacifique. Il a institué la première Église chrétienne au monde: récompense: diaspora, génocide! Le Dieu mauvais punit la première église du Dieu de bonté et la poursuit de sa vindicte.

Les Catholiques: s'ils n'avaient pas été avant tout des massacreurs, ce jour la France serait protestante au tiers, cathare au tiers, catholique au tiers restant! Car ce qu'aime rien tant ce Dieu mauvais, c'est de se voir immoler des victimes, et le plus suave à ses yeux, c'est de se voir immoler ses propres serviteurs! Jésus, les premiers chrétiens, et les vrais chrétiens, ceux qui crurent en la parole du Christ, ceux qui s'opposèrent à la dégénérescence de l'Église -Jean Hus, les vaudois- : torturés, déchiquetés, brûlés. Restant le vieux Dieu sémite qui se réjouissait de l'odeur de graisse brûlée de l'holocauste des agneaux et même de bœufs entiers (!), l'odeur de chair grillée réjouit ses narines: Michel Servet, Jean Hus et son frère pour faire bonne mesure, Giordano Bruno, les jeunes filles et les femmes, innombrables, torturées comme "sorcières". Le sacrifice par le feu d'êtres humains vivants, combinant le plaisir de l'odorat à celui de l'ouïe, par les cris atroces des victimes, lui plaît plus que tout. Il a inspiré Jeanne d'Arc, l'a conduite c de victoires en victoires pour faire sacrer de ses huiles saintes le dauphin : brûlée !

Quand il ne peut les faire mourir, ou pour se distraire plus longtemps, il persécute les mystiques qui ont voulu L'adorer tellement ils veulent se fondre en Lui: les luttes contre les démons du Curé d'Ars, du Padre Pio, les souffrances indicibles des stigmatisées Catherine Baumann, Anne Catherine Emmerich, plus prêt de nous Marthe Robin.............. Ah les stigmates, comme il aime ça, farce sanglante suprême: François d'Assise, Padre Pio.

Quelle scène hilarante que d'entendre les catholiques chanter, lors de la messe: "Seigneur, prend pitié! Ô Christ, prends pitié!". Se rendent-ils compte de ce qu’ils chantent? Ils sont semblables à ces enfants qui implorent leurs parents sous les coups, en pleurant: « arrête, papa! ne me bas plus! ». Car c'est leur père qu'ils implorent! Moloch, le Dieu mauvais (sinon, pourquoi lui demander de prendre pitié!).

Ruanda: Quelle était belle cette retransmission télévisée où l'on voyait des femmes, des enfants, réfugiés serrés dans une église, venant chercher la protection de leur Dieu de bonté, et découpées vives et vifs à la machette par les miliciens hutus! Comme il a dû se régaler, lui qui aime l'horreur et le massacre des innocents, et quelle belle farce! Regroupés dans son église! sous son aile aimante et protectrice!

Cela me rappelait cette journée que j'ai passée à Oradour sur Glane, recueilli dans le silence d'une après-midi d'automne, visitant l'église où furent regroupés et brûlés la majorité des habitants. Mais au moins, à Oradour, les habitants ne s'étaient pas regroupés spontanément sous son aile protectrice dons son abside, mais y avaient été enfermés de force par les Waffen SS, et suprême clin d'œil à Moloch, la seule personne à survivre à l'incendie fut une femme qui s'enfuit de l'église en sautant par une fenêtre! Sauvée parce qu'elle avait fui le lieu sain! ***

[Tentatives de sauvetage du Dieu Chrétien.

Tentatives catholiques.

Dans son ouvrage « De l’âme et de son destin » (Albin Michel 2009), traduit de l’italien « L’anima e il suo destino » (Raffaello Cortina Editore 2007), le théologien catholique », Vito Mancuso , par ailleurs professeur à l’université San Raffaele de Milan, rendrait le Christianisme, y compris dans sa version catholique, sympathique et universel –ce qui est bien le sens du grec catholicos-. Avec lui, sous la double lumière de la raison et de la conception d’un dieu tout amour et toute logique, le péché originel disparaît, l’enfer ne devient plus éternel, le purgatoire existe mais est considérablement réduit (les quelques instants qui encadrent la mort, le temps que la connaissance qui nous est donnée alors nous fasse comprendre nos erreurs et entraîne le repentir immédiat), les limbes de même, le baptême et même la connaissance de la vraie foi ne sont plus nécessaires au salut, les hommes de bonne volonté de tous les temps –même avant la venue et le sacrifice du Christ- sont admis au paradis, et même les méchants, y compris les très méchants (il ne les cite pas, mais on peut y inclure Hitler, Himmler, Heydrich, Staline, Beria, Mao, le sultan responsable du massacre d’Otrante, Nabuchodonosor … et les actuels, les S.S. d’Oradour et de Maillé, Landru, Dutroux, …), après un stage plus ou moins long en enfer, le temps qu’ils comprennent leurs fautes et se repentent, sont admis dans la grâce de Dieu.

Du coup, Satan et ses affidés, les grands, Belzébuth, Béhémoth, Lucifer, comme les petits, diablotins, incubes et succubes, ne peuvent que venir à résipiscence.

Saint Augustin et sa doctrine restrictive de la grâce (et par là-même celles de ses épigones encore plus restrictifs Calvin, Jansénius), son enfer éternel où rôtissent les justes qui n’ont pas eu la chance d’être élus de toute éternité, est envoyé au piquet, avec mission de mieux réfléchir à ce qu’il exprime comme horreurs, insultes à la bonté infinie de Dieu.

Tout ceci est admirable, mais hélas la moitié de ses assertions, déduites par une rigoureuse logique de l’existence supposée de ce Dieu d’amour (ce père qui ne peut nous avoir créé pour nous faire souffrir), sont rejetées par l’Église catholique et déclarées hérétiques. Il en convient lui-même dans son ouvrage… Et de toute façon il élude et ne résout pas la question première : si ce Dieu d’amour ne nous veut que du bien, pourquoi nous fait-il tant souffrir ? –et souffrir ici-bas et au-delà pour les damnés…-

Revenons d’ailleurs sur ce terme « hommes de bonne volonté ». Ceux à qui la « paix sur la terre » est assurée (et, on le suppose par extension, au-delà !). Jusqu’à une date récente, on comprenait cette expression dans le sens homme ->Dieu, en ce sens qu’un être humain répondant aux injonctions de Dieu, injonctions révélées par les Écrits, ou perçus intuitivement, était agréable à Ses yeux et digne du salut. Que nenni, la traduction était mauvaise ! : il fallait lire « aux hommes qu’Il a en sa bonne volonté ». Vous pouvez toujours vous démenez, hommes et femmes de bien, Il choisit qui Il veut et apporte sa paix à qui Il le veut bien. L’Église catholique rejoignant ainsi la théologie la plus exécrable de Calvin et Jansénius ! Pour bien le confirmer, la récitation de mon enfance « paix sur la terre aux hommes de bonne volonté », est bien rectifiée et récitée dans les églises sous la forme « et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime ».

Toujours dans son ouvrage "De l’âme et de sa destinée" Mancuso cite St Thomas d’Aquin, "doctor angelicus", qui, en réponse à la question d’un autre théologien dans une « disputation » en Sorbonne : « A propos de la nécessité du baptême [pour être sauvé], l’enfant qui naît dans le désert où l’on ne peut trouver d’eau, et qui meurt sans avoir été baptisé, peut-il être sauvé dans la foi de sa mère croyante ? », ne trouve rien d’autre à répondre que « Il est ainsi clair que cet enfant qui meurt dans le désert sans baptême n’obtient pas le salut ». Quel Dieu de bonté et d’intelligence celui qui a été surnommé "le docteur angélique" nous dépeint-il ! Ou quel Dieu de sadisme et d’imbécillité ? Du même Thomas d’Aquin une réponse du même acabit, c’est à dire de la même logique criminelle. On lui demandait si un seul péché mortel à la fin de toute une vie de justice, de bonté, d’observance des commandements de l’Église, pouvait conduire en enfer ; bref si, au jugement dernier Dieu se conduisait comme un comptable des bonnes et mauvaises actions, pesait les pour et les contre comme le faisaient les dieux conçus par les Égyptiens dans cette célèbre représentation de la pesée des âmes. Il ne trouva pas mieux que de répondre : « un homme ayant passé toute une vie de sainteté, s’il commet un seul péché mortel et meurt sans avoir pu se confesser : direction l’enfer et la damnation éternelle ».

L’enfer. La doctrine officielle de l’Église catholique soutient que l’enfer est la destination définitive des âmes damnées. « L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’Enfer et son éternité » (Catéchisme de l’Église catholique, article 1035). Le compendium de 2005 précise « l’enfer consiste dans la damnation éternelle (article 212) (V. Mancuso op. cit. p. 254). Certains ont pu soutenir que l’enfer n’est pas éternel (doctrine de l’apocatastase), mais cette doctrine fut déclarée hérétique dès 543 (op. cit p. 255), et ses variantes modernes (telle que l’hérésie autrichienne vers 1950 qui déclarait « que l’enfer est éternel, mais rien ne dit que chacun y reste éternellement ») de même.

Tentatives judéo-chrétiennes.

Certains ont cru bons de dire, pour donner une excuse à Jéhovah, et par un retournement de raisonnement renversant la faute sur la victime :" l'homme est un ange déchut", voulant faire accroire que Dieu avait créé l'homme bon, et que seul celui-ci était responsable de ses turpitudes. Mais qui a créé l'homme faillible, alors qu'Il avait la possibilité de le créer infaillible? Quel bonheur alors pour l'homme d'être bon et porté spontanément au bien? Quelle joie c'eût été! Et surtout que d'indicibles souffrances évitées! Moi je dis : Non, l'Homme est un ange déçu! ]

Chap III. Islam et Allah (le vieux Dieu sémite El: Al Ihla = Allah).

Islam: les talibans, la femme humiliée, réduite à l'état de truie reproductive, et pire, à l’état de souffre-douleur que l'on torture à plaisir (Afghanistan). Les massacres perpétuels (Otrante., Mehmet Ali et Malte, la sublime porte, les esclaves... Boko Aram, Le califat islamique de Syrie-Irak…

Pendant les guerres civiles qui virent éclater la Yougoslavie, la télévision montra des femmes musulmanes s'écriant devant les corps de leurs maris et enfants entassés, "Dieu nous a abandonné". Mais non, Il ne vous a pas abandonné, ou plutôt Il ne se désintéresse pas de vous : il adore torturer les siens !

Chap IV. Les tentatives d'échapper au Dieu mauvais: les religions dualistes: manichéisme, Zoroastre, bogomiles, Cathares. Les religions d'amour: Hindouisme. Bouddhismes. Hindouisme.

Tentatives de sauvetage du Dieu hindou : la fable de l'éléphant furieux et du cornac.

Une fable morale hindoue raconte qu'un sage, un "swami", allait de village en village pour répandre sa connaissance de Dieu. Il faisait prendre conscience que "Dieu est tout et est en tout" : non seulement en chaque homme, mais en chaque être, animal et même végétal. Seule cette compréhension nous permettait de distiller notre amour, l'amour de dieu, vers tout être. Un jour, des villageois vinrent le chercher en toute hâte dans un autre village pour le ramener dans celui qu'il avait visité il y avait longtemps, car un jeune homme qu'il avait convaincu, sur le point de mourir, grièvement blessé par un éléphant, le demandait.

« Que s'est-il passé?

-un éléphant est devenu furieux, s'est emballé et courait, écrasant toute chose et tout homme sur son passage. Sur son dos, le cornac criait et avertissait : "écartez-vous, mon éléphant est emballé"; mais si tout le monde se mettait à l'abri, votre disciple est resté au milieu du chemin et s'est fait piétiner! ».

Arrivé près du jeune homme, le swami lui demanda : « Mais pourquoi être resté au milieu du chemin, puisque le cornac t'avertissait que l'éléphant était devenu furieux et emballé ?

-Maître, j'ai appliqué ton enseignement : Dieu est en tout ! j'ai vu Dieu dans cet éléphant, et je ne suis pas écarté, persuadé qu'il allait s'arrêter !

-imbécile, Dieu est en tout, il était certes dans l'éléphant, mais bien plus encore dans le cornac qui te disait te t'écarter ! ».

Et c'est par de telles gentilles fables que les hindouistes tentent de racheter ce Dieu d'amour qui les divise en castes hiérarchisées et en parias impurs, les condamne à la famine, voire à la shakti pour les épouses, pour leur permettre de revenir à lui ! ]

Bouddhismes.

"Kundun", le film de Zéfirelli, met bien en évidence que Dieu, conçu comme renoncement à toute violence ou hostilité, ne mène qu'à la destruction par les violents ! À cela, les bouddhistes n'ont pu opposer qu'un pauvre échappatoire : "la non-violence n'est efficace qu'à long terme" !

Chap V. Les religions d'Amérique précolombiennes.

Les Amérindiens d'Amérique du sud ne savaient qu'immoler!

Dix mille prisonniers, pense-t-on, furent immolés au Dieu soleil par les Aztèques lors de l'inauguration du grand temple de Cuzco. Cela semble impossible de tant tuer en une journée, d'évacuer les cadavres. Mais n'y en aurait-il eu que mille que l'innommable subsiste : on ouvre la poitrine d'hommes vivants avec un couteau de pierre affûtée pour en extraire le cœur palpitant que l'on jette vers le soleil, image de son Dieu féroce.

La liturgie des Aztèques était d'une simplicité et d'une spiritualité admirables, telle que décrite dans l'excellent volume "Mexique", de la collection Robert Laffont, "Les hauts lieux de la spiritualité". À chaque mois sa cérémonie votive :

-1/ Atlcoualco (12 février-3 mars) : « C'est le mois de Tlaloc, dieu de la pluie et de sa compagne. De nombreux enfants étaient sacrifiés sur les montagnes et devaient pleurer longuement afin d'obtenir des pluies abondantes"» .

2/ Second mois, celui du dieu Xipe Totec,"l'écorché". On écorchait un prisonnier de guerre, mais après immolation, preuve d'une certaine compassion qu'on n'avait pas eu pour ses propres enfants ! Les prêtres déambulaient vêtus de peaux humaines.

3/ Mois du jeûne court. On ferme le cycle en renouvelant les sacrifices d'enfants. La compassion est terminée !

4/ Mois du jeûne long. En l'honneur des dieux du maïs, on se soumet à des sacrifices personnels. Ouf ! Les enfants et les prisonniers peuvent se réjouir !

5/ Toxcatl : la saison des pluies étant arrivée , on marquait sa reconnaissance à Tezcatlipoca en lui sacrifiant un jeune garçon.

6/ Craignant que la pluie ne s'arrête, on sacrifiait à Tlaloc un couple d'adolescent, jeune homme et jeune fille, en les noyant.

7/ En ce mois de la "petite fêtes des princes", on honore la divinité des eaux salées (il fallait y penser, elle aurait pu être jalouse des dieux de la pluie). On lui sacrifie… quoi ? une prêtresse ! Anomalie ? Comme relevé par Guariglia , les femmes pouvaient accéder à la prêtrise, uniquement dans les fonctions dévotionnelles, mais « elles étaient totalement exclues de la charge de sacrificateur ». Cela ne les excluaient donc pas d'êtres sacrifiées elles-mêmes…

8/ Pour Xilonen, la mère du maïs, on se contente d'un esclave.

9/ Pour ce neuvième mois, en l'honneur du dieu du soleil, on se réjouit en danses et banquets, sans sacrifice humain ! Dieu serait-il devenu bon ? ou rassasié de meurtres en son honneur ?

10/ Que non ! ce mois est consacré au dieu du feu, on brûle vifs alors dans des fours en son honneur des prisonniers de guerre.

11/ «En l'honneur de la bonne maman (!) Teteoinan, sacrifice d'une femme incarnant la déesse du maïs qui a mûri ». On remarquera qu'on prend prétexte du maïs qui pousse, qui murit, qui a mûri pour multiplier les meurtres…

12/ Pour le "retour des dieux", fête de la récolte, on sacrifie un prisonnier. Douze mois. Enfin, l'année est terminée ! Les pleurs d'enfants, les crémations, les noyades, les écorchements ne se suivent que douze fois par an ? Que nenni encore ! Les Aztèques se servaient d'un calendrier agraire, fondé sur la saison sèche, la pluie, la pousse et le mûrissement du maïs etc. découpant l'année solaire en…18 mois. Et les dévotions cruelles de continuer :

13/ Pour obtenir encore la pluie, on sacrifie un homme et quatre femmes, dévorés ensuite.

14/ Quecholli, mois du dieu de la chasse. On pratique des sacrifices personnels, puis, après une chasse cérémonielle, on sacrifie… des animaux. Logique.

15/ Mois du solstice d'hiver, on organise des combats entre prisonniers. Les survivants sont… libérés, comme les gladiateurs romains ? Non, immolés.

16/ Encore un mois des pluies, Le dieu Tlaloc ne recevait cependant que de la nourriture.

17/ On vénérait la lune, en lui sacrifiant… une vieille femme.

18/ Dernier mois de l'année, exceptionnel et remarquable car il ne comportait aucun sacrifice humain ou animal ! les Aztèques "se reposaient" avant de reprendre leur cycle criminel en l'honneur de leurs dieux.

Comme me le fit remarquer mon épouse, on ne sacrifie que des enfants, des jeunes, des femmes, au besoin prêtresses, des esclaves ou prisonniers. Pas un seul homme valide ou dans la force de l'âge.

Chap VII. Les germains, scandinaves, celtes.

La mythologie scandinave et germanique elle aussi témoigne de dieux cruels et injustes. Le plus grand, leur Zeus-Jupiter, à la généalogie complexe, est Odin, nommé d'après une racine noroise Od signifiant "fureur". Tout est déjà là dans le nom ! (Wotan pour les germaniques, de la racine Wut, de même signification). Il règne au Valhöl (Walhalla), où il n'accueille que les guerriers morts au combat, avec une déesse, Freyja. Ils se les partagent, les faisant se combattre le jour, les réunissant la nuit pour un banquet. Bel et heureux devenir post-mortem pour ces guerriers (on peut certes s'interroger pour les guerriers habiles, ou chanceux, morts dans leur lit !), mais pour le commun des mortels et les femmes ? Rien ! Quant à son fils, Thor, il était totalement destiné aux combats et à la guerre, usant de son redoutable marteau !

Néanmoins, au contraire des sémites qui jugeaient que "les dieux avaient gardé l'éternité pour eux", les scandinaves et germains se vengeaient en programmant la mort des dieux dans un combat final. Wagner a magnifié ce "crépuscule des dieux". Hélas pour les hommes, de cet Armageddon scandinave, seul un couple humain survivra, donnant naissance à une nouvelle humanité.

La mythologie celtique est connue de manière fragmentaire, les druides gaulois entre autres ayant eu la merveilleuse idée de tout connaître et transmettre oralement. Quasiment tout a ainsi été perdu. Elle semble être d'origine indo-européenne. Cependant, les connaissances fragmentaires sur les mœurs des Celtes montre leur goût des sacrifices humains, mais semble-t-il au dépend de leurs ennemis –au besoin une autre tribu celtique-. Leurs villes fortifiées, leur temples, ont été retrouvés ceints de multiples crânes.

En résumé, chez les uns et les autres, des dieux égoïstes, indifférents, injustes, satisfaits de massacres entre les hommes. Qu'ils soient UN ou multiples, il-eux est-sont mauvais !

Chap VIII. Les religions de tolérance: polythéismes égyptien, grec, romain.

Égyptiens.

Akhenaton essaye d'imposer le Dieu unique et bon (voir le merveilleux hymne au soleil qui a donne le psaume 140) Aton. Mais le Dieu Amon reprend le dessus, D'ailleurs le Dieu bon Aton n'intervient pas: l'Égypte sous Akhenaton et Néfertiti dégénère, ce qui justement réinstallent Amon (et le pharaon Toutankhamon) au pouvoir. Amon: a donné amen. Les Hébreux emportent avec Moïse, le nom et l'idée du Dieu unique.

Chap IX. Quelques exemples de la bonté de Dieu. Le "Dieu de bonté" à l'œuvre.

L'amour et le sexe.

Amour et sexe

Le pape Jean-Paul II a osé dire : "l'instinct sexuel vient de Dieu".

Et voila le résultat : viols, viols d'enfants, prostitution..., pédophilie. Le Dieu voyeur La petite philippine. La jeune fille philippine en Allemagne. Dutroux. Freinet, Ferret, Emile Louis. Ou ce brave pape ne sait pas ce qu'il dit, car l'instinct sexuel vient du diable, vu tout ce qu'il fait commettre : viols avec ou sans meurtre, de femmes ou de fillettes, de petits garçons; esclavage sexuel, prostitution forcée (la maîtrise de l'instinct sexuel vient de la société, qui a imposé le mariage, le tabou de l'inceste, de la pédophilie), ou le Dieu de Popaul est une belle ordure. N'oublions pas que les cardinaux de la Renaissance étaient pédophiles, et faisaient castrer les petits garçons à la belle voix pour qu'ils la gardent !

Dieu éprouve ceux qu'il aime.

Un musulman de mes amis aimait à me répondre « Dieu éprouve ceux qu'Il aime ».

Certes, les musulmans de Bosnie, déjà évoqués, les chiites déchiquetés par les hommes-bombes sunnites, et vice-versa, peuvent en témoigner !

Une jeune juive à qui ses parents déclamaient cette même remarque lors de la seconde guerre mondiale, eut l'excellente réponse : « Dieu ne pourrait pas nous aimer un peu moins ? »

Oui, certain, Dieu aime éprouver ceux qui l’aiment !

La justice divine.

Pour un Hitler poussé au suicide devant son grand rêve détruit, combien de dictateurs sanglants mourront vieux et heureux dans leur lit: Mao, Salazar, Franco, Duvalier, Pol Pot!

Dieu, même, a beaucoup d'humour : un séminariste espagnol rapportait au XVIIème siècle l'aventure de son maître, un chanoine tellement doué et digne d'éloge que son évêque, préférant résider à la cour, avait chargé de gérer son diocèse, à charge de lui envoyer les revenus à Madrid pour y mener grand train. Ce chanoine, imprégné de l'enseignement de Jésus-Christ, eut la main moins lourde sur les impôts prélevés sur les paysans et le petit peuple laborieux des villes, dont il devint une figure révérée, en odeur de sainteté. L'évêque lui en fit reproche. Comme ce chanoine lui plaçait devant les yeux les ordonnances de Jésus sur la pauvreté, la charité, l'amour des humbles, l'évêque ne pouvait rien rétorquer ! Il eut alors l'idée de le faire traduire devant un tribunal de l'Inquisition pour hérésie, trouvant quelques prétextes. Le chanoine fut condamné à être brûlé vif. Et, rapporte son élève, sur le chemin du bûcher, ce qui fit le plus de peine à ce saint homme, fut de voir ce petit peuple qu'il avait protégé et dont il fut vénéré, rire et se réjouir du prochain spectacle macabre.

Ne cherchez pas la Justice en ce bas monde, elle n'existe pas, elle n'a jamais existé. Pas plus que ses filles l'équité et le droit, sauf celui du plus fort, c'est à dire l'absence même de droit.

Dieu a toujours aimé les sacrifices humains, surtout de ses fidèles.

Même de nos jours, Dieu se réjouit de sacrifices humains.

Sans parler des Nazis qui lui ont offert un superbe holocauste de plus de six millions de ses zélateurs les plus observants, il n'est que de constater la bousculade qui fit plus de mille morts en Inde, lors du pèlerinage annuel au bord du Gange.

Il y en a pour toutes les foi's : le 13 septembre 2015, une grue dans la mosquée sainte de la Mecque tombe sur les pèlerins et en tue 107 ! Ils sont certainement au pays où coulent les fontaines de miel et où le vin leur est dorénavant permis, sous les beaux yeux des houris, comme les 1753 pèlerins morts étouffés, et huit cents blessés lors de la grande bousculade du 24 septembre 2015 !

Mais Allah (loué soit-Il) n'en est pas à son coup d'essai : 1423 pèlerins asiatiques (Il n'est pas raciste) meurent étouffés dans le tunnel de la Mina -panne de ventilation-; 1994, 270 lapident Satan, et en meurent; 1997, 343 meurent dans un incendie du campement; 1998, 2004, on lapide encore Satan : même cause, même effet -118 et 251-; 2006, 364 !

Et ce ne sont pas les sunnites qui sont l'objet de son courroux -ou de sa délectation- : les mille victimes d'étouffements et de piétinement lors de la procession de Bagdad le 31 août 2005 sont chiites !

Qu'il s'appelle Jéhovah, Brahman, Allah, Il n'a de cesse de se repaître d'extermination en masse lors de processions en Son honneur !

En 1918, les Allemands attendirent patiemment l'heure de la messe à Paris pour tirer et faire mouche à 30 kilomètres de distance avec leur grosse Bertha sur une église, et le premier coup de secousse tellurique se fit sentir lors même que des fidèles nombreux étaient présents à Assise dans la basilique dédiée au poverello.

Oui, Dieu, et ceux qui l'entourent dans sa cour céleste, ont bien de l'humour. Au début des années 2000, un car de pèlerins polonais, peuple croyant et particulièrement dévot envers la sainte mère de Dieu, fait un périple en Europe pour parcourir ses lieux de pèlerinage et apparitions. Revenant de Fatima et de Lourdes, le chauffeur du car engage celui-ci en Haute Provence sur une route interdite aux poids lourds du fait de son inclinaison forte et d'un virage aigu terminant la descente, longeant un ravin profond. Mais la Bonne Mère ne les protège-t-elle pas ? Bien sûr, les freins subissent le fading fatal, et le car plonge dans le ravin, chutant de trente mètres, tuant ses soixante-dix pèlerins ! Espérons que la Bonne Mère priait pour eux à l'heure de leur mort, et qu'ils se retrouvèrent tous au paradis.

Postface.

J'espère qu'il y a une vie après la mort, et que nous passons tous devant Dieu pour le jugement suprême. Oui, je l'espère fortement, car je cracherai à Sa Divine Face, l'empoignerai au collet, et lui dirai: « alors, maintenant, explique ! (Woody Allen ironisa : « si Dieu existe, j’espère qu’il a une bonne excuse ». Bien gentil ce Woody !). Tu peux me tuer si Tu veux, me réduire au néant éternel, me brûler psychiquement ou charnellement, ou même faire ressusciter ma chair pour me torturer physiquement (Coran: sourate III: " Je te brûlerai, et à mesure que ta peau brûlera, je la ferai repousser pour qu'elle brûle encore"), oui, Tu le peux car Tu es tout-puissant, mais, si Tu as du courage, explique ! Car, si Tu te tais, ce sera moi le plus fort, car je T'aurais fait taire ! Dieu omnipotent, sauf devant René Mettey ! ».

Ne cherchez pas Dieu, car Il n'existe pas. Et si vous Le cherchez quand même, vous Le trouverez, et ce sera pire que tout, car Il est le Dieu Mauvais !

Alors, sombrant dans le silence du désespoir, quand vous aurez renoncé à toute espérance constatant que terre et ciel, paradis et enfer, c'est de même ("voi ch'entrate, lasciate ogni speranza"), dans le plus profond de votre for intérieur, partez à la découverte de la Vraie Nature de Dieu.

Bibliographie.

Hommes et Dieux, (Encyclopédie Histoire des hommes) GARY (G)

Les Cathares coll. Spiritualités Rob Laffont Montségur Coll Les Initiés Rob Laffont.

Sciences et Avenir (S&A)

Bible de Dhorme (BD) La Pléiade.

Bible du rabbinat français. (BRF)

Le livre des darons sacrés (Bible en langue verte) Devaux. (LDS)

La pesanteur et la grâce. Simone Weil. Plon 1988. Préface de Gustave Thibon in France Loisir 1991.

Le Mexique (Encyclopédie "Lieux de spiritualité"). Robert Laffont. 1984

ADDENDA.

QUELQUES VRAIES PRIÈRES CHRÉTIENNES

(Prières revisitées pour être mieux en harmonie avec la conception chrétienne de Dieu)

SALVE REGINA

Salut, Reine des femmes, Reine du Ciel Toi qui as dit : « je suis la servante du Seigneur, qu’il soit fait suivant sa volonté ! »

Vois ce que tu as enduré,

Vois ce que tu as déclenché en te soumettant.

Comme ton cœur a souffert de voir ton fils crucifié, et pire encore de voir à quelle extrémité est poussée la méchanceté des hommes quand on leur donne en exemple la douceur et l’amour.

Et moi je dis « Je ne suis pas ton servant, Seigneur ! Car je m’oppose à la nature de l’homme que tu as créé. Je suis contre la violence et la mort donnée. Comme tu sembles si bien te réjouir du spectacle, je suis tout autant contre la mort reçue et je dissuaderai quiconque du martyr accepté. Car être une victime expiatoire justifie les exactions et multiplie les assassins, justifiant leurs horreurs ! Je suis contre le pardon. Car pardonner 77 fois 7 fois c’est encourager le tortionnaire à toujours recommencer ! Je m’engage à tout faire pour contrecarrer Ton œuvre. Non je ne suis pas ton serviteur ! »

NOTRE PÈRE QUI ES ODIEUX!

Notre père qui es aux cieux, Fous-en le camp !

Que Ton nom soit exécré !

Que Ton règne cesse, Tu as commis assez d'horreurs comme cela jusque là !

Que Ta volonté ne soit plus faite sur la pauvre Terre comme au ciel !

Donne-nous à tous, y compris les trois milliards de crève-la -faim que compte l'humanité, notre pain quotidien.

Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés (chiche!).

Ne nous soumets pas à la tentation, ça t'amuse tant que cela?

Et délivre-nous du Mal qui vient seul de Toi car tout vient de Toi.

Car c'est à Toi qu'appartiennent le règne sur ce monde de faim, de guerre et de misère de torture et de meurtres;

La puissance de bien ou de mal faire;

Et la gloire d'en tirer gloire.

Notre père qui es odieux !

BÉNÉDICITÉ.

"Merci mon Père pour ce repas que nous allons prendre ensemble, Merci de tous ces aliments que tu nous donne. Donne du pain à ceux qui n'en ont pas! Amen!"

Mais alors, que doivent prier celui qui est seul, celui qui meurt de faim ? : "Merci Père de me faire crever de faim, alors que tant d'autres sont repus? Ou : "Sois maudit, Père, de cette faim qui me torture?"

Et nous, repus, devons-nous dire : "Merci mon Père pour tous ces aliments que tu nous donnes, et de nous éviter de faire partie des affammés" ? "Donne du pain à ceux qui n'en ont pas? Qu'est-ce que t'attends, Seigneur tout puissant?".

DEUX NOUVELLES TIRÉES DU RECUEIL "12 000 MOTS"

(12 nouvelles de mille mots chacune).

Acte de contrition.

"Mon Dieu, j'ai un très grand regret de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, et que le péché vous déplait. Je prends la ferme résolution, avec le secours de Votre sainte grâce, de ne plus Vous offenser et de faire pénitence!" C'est l'acte de contrition que Jonathan venait de réciter quelques instants avant, au confessionnal, avant de s'accuser de ses péchés, devant l'abbé Meurteau, son catéchiste depuis toujours. Ce vicaire, alias Don Michel, avait remarqué l'intérêt de Jonathan pour les questions religieuses et philosophiques, son intelligence vive, et, ma foi (c'est le cas de le dire), il espérait un tantinet le diriger tout doucement vers le séminaire... Et il en avait fait des péchés graves, Jonathan: il regardait sous les jupes des filles quand le vent soufflait, il se caressait le soir en s'endormant ou le matin quand le kiki est tout dur, il picolait en douce le pastis du père etc. Maintenant, le jeune garçon, revêtu de son aube, servait la messe, agenouillé, pendant que l'abbé, jeune prêtre d'une fraternité traditionaliste, officiait, sous le regard bienveillant de Monseigneur Favreau, évêque du cru, assis sur le côté du chœur. La messe durait. La pénombre de l'église romane, la faible lumière des candélabres, l'odeur douçâtre mêlée d'encens et d'encaustique des stalles, les psalmodies du prêtre: Jonathan fut gagné d'une douce torpeur et se mit à rêvasser, méditant sur l'acte de contrition. "Mon Dieu, j'ai un très grand regret de vous avoir offensé..." Il se remémora la vision, à la télé, de cette église où une foule de femmes et d'enfants s'était réfugiée, venant se mettre sous la protection divine, confiante. Les miliciens Hutus entrent et, joyeusement, gaîment, comme dans une virée de bidasses, fendent les cranes à coup de machettes, un à un, sans se presser ni s'arrêter, riant des hurlements de terreur puis de douleur. Puis le silence des agneaux pascals. Sang sur les marches de l'autel! "...parce que Vous êtes vous êtes infiniment bon, infiniment aimable". À Oradour, au moins, les Waffen-SS avaient forcé les habitants à se regrouper dans la maison de Dieu, avant de les brûler, ce qui Lui laissait une petite chance d'excuse. Mais, bon dieu (c'est le cas de le dire), moi qui ne suis ni bon (c'est ma maman qui le dit) ni aimable (c'est papa qui le dit), je ne pourrais supporter le millième du millième de ce qu'Il supporte. Et Il est omnipotent (ou alors ce serait impotent? mais l'abbé dit bien "omnipotent"!). Il voit tout, rien ne Lui est caché. Il peut tout arrêter, et Il n'arrête rien? Alors qu'il est infiniment bon, infiniment aimable! Y'a quelque chose qui ne va pas dans cette histoire! Et l'Holocauste, la Shoah? Certes c'est le dieu des Juifs qui est le fautif. Mais l'abbé dit que c'est le même que le nôtre. Alors quand même! Six millions de Juifs, au bas mot, exterminés, dont deux à trois "industriellement" dans des usines à tuer et à faire disparaître les corps, Il n'a pas pu accepter cela : Il est infiniment bon. Moi, l'idée même de l'abattoir d'animaux me révulse. Le grand frère de mon copain Marcel m'a raconté sa visite de la Villette. L'horreur! Et je ne suis ni bon (c'est le proviseur qui le dit) ni aimable (ça c'est la Gisèle qui me fait les yeux doux qui le dit, mais je crois qu'elle lui donne un autre sens)! Mais peut-être que Jéhovah a une excuse: il n'a pas vu l'Holocauste. Il devait être parti pisser. Ou Il a fait une petite sieste, voire un bâillement. C'est que c'est long un pissou ou un bâillement de Bon Dieu! Un certain monsieur Hitler vient d'être nommé chancelier par un Maréchal Hindenburg: Il s'assoupit un peu. Il se réveille vite: boum, six millions de ses adorateurs déportés, affamés, gazés, brûlés, et tutti quanti! Quelle surprise! L'abbé m'a raconté que dans la Bible des Juifs (la même que la nôtre, sauf l'histoire de Jésus), Jéhovah dit à un petit merdeux de prophète qui ose ergoter : "tu vois ces os blanchis dans le désert? Je peux les entourer de chair et faire ressusciter les hommes". Alors pourquoi Il ne l'a pas fait? "Pouce, les Nazis, c'est pas de jeu, j'étais assoupi, je les ressuscite!" Mais cela aurait fait un peu désordre, peut-être? Oui, ma foi (c'est le cas de le dire), voilà un embryon d'excuse. Mais il faut dire qu'il a puni ce monsieur Hitler après: il a fait gagner Staline et l'Armée Rouge. Quelle correction! Mais vingt millions de soldats russes tués pour en arriver à ce qu'il se suicide avec son Eva, c'est pas un peu cher payé? Et les Alliés, dix mille aviateurs morts rien que pour bombarder les villes allemandes. Dresde, nous a expliqué la prof d'Histoire, vingt mille civils brûlés par les bombes au phosphore anglaises en une nuit, ça c'est de la punition divine! Mais au fait, Lui qui est infiniment bon et aimable, Il n'aurait pas pu faire larguer qu'une bombe unique par les Anglais, tombant pile sur Hitler ? Même Eva ne méritait pas ça. Mais moi je ne dois pas être bon et aimable, pour penser ainsi. Soudain, dans le ronronnement du marmonnement de l'abbé (et peut-être d'un ronflement de l'évêque?), une prière s'imposa brutalement dans l'esprit de Jonathan: "Mon Dieu, je n'ai aucun regret de Vous avoir offensé, parce que Vous êtes infiniment un sale con et infiniment haïssable, et que le péché Vous plait. Je prends la ferme résolution, avec ou sans le secours de Votre sainte grâce, de Vous offenser encore plus et de ne jamais faire pénitence!" A peine eût-il finit qu'il se leva d'un bon joyeusement, descendit la nef, retroussant puis jetant son aube, gambadant, chantant et frappant des mains, et sortit en coup de vent. Le jeune prêtre et le vieil évêque se regardèrent, interloqués d'abord, puis ravis: pour sûr, l'enfant de chœur venait d'être foudroyé par la grâce et de vivre une grande expérience mystique!

Annales akashiques.

Jacques sonna au 33 de cette rue de Prague où, au XVIème siècle, Rabbi Judah Löw avait animé le Golem, et il venait vers celui qui était son successeur dans la lignée kabbalistique, voire même sa réincarnation.

Un vieil homme sans âge, alerte, portant une barbichette, vêtu d'un costume moderne, avec de fines lunettes, ouvrit. "Rabbi, des amis m'ont dirigé vers vous,

-je sais, j'attendais votre venue" Jacques prit un air étonné, voire niais. "Non, je n'ai pas reçu de communication télépathique, mais un courriel ce matin!

-alors vous savez que je désire accéder aux Annales akhashiques.

-bien sûr, entrez."

Jacques n'en finissait pas d'étonnement: le bureau (l'Athanor?) du grand initié n'était pas ce qu'il attendait: au lieu de murs sombres chargés de livres, de tentures aux signes kabbalistiques... une vaste pièce claire, une table en teck chargée de télécopieurs, téléphones, un ordinateur. Partout, en lieu et place de grimoires, des CD-ROM, des DVD. Il y avait certes, dans une vitrine, éclairés par un spot, une très ancienne Bible et peut-être un Talmud, mais posés là plus pour leur valeur et leur beauté que pour être lus. Comme seul symbole, une ménorrah moderne aux lignes épurées. "Qu'attendiez-vous trouver, jeune homme? Un vieux Juif, à la longue barbe broussailleuse, portant bésicles, voûté et courbé sur des parchemins dont on ne sait si c'est lui ou eux qui dégagent cette odeur de vieux cuir?

-j'avoue être un peu surpris (ce diable d'homme lisait quand même dans les esprits!)".

- les annales akashiques : la mémoire du Monde! Là où tout ce qui a existé est inscrit, éternellement. Y accéder est le premier souhait de tout étudiant débutant en ésotérisme! Mais ceci est dangereux!

-mais, Rabbi, j'ai quarante ans, je suis franc-maçon, 33ième du rite écossais ancien et accepté, Chevalier de la cité sainte du rite écossais rectifié, Nautonier de l'Arche Royale! et aussi Grand Profès de l'Ordre martiniste, Illuminati de l’Ordre Rose-Croix!

- voici de hauts grades d'initiation, à défaut d'être initié véritablement, et conférés par des Ordres respectables, mais... s'il y a beaucoup de portes dans la muraille du Paradis, il suffit de passer par une seule pour y entrer!

-alors vous refusez de me faire pénétrer dans les Annales?

-non, jeune homme, j'accepte, vous me semblez sincère et vos recommandations sont parfaites. Je procéderai au rituel dans quatre jours. En attendant il faut vous préparer.

-Comment?

-Professez-vous une religion?

-je suis baptisé catholique.

-Bien, pendant ces quatre jours, visitez toutes les églises que vous trouverez, vous avez de la chance, Prague en a beaucoup! Priez si vous le savez encore. Sinon restez à l'affût de tout frémissement spirituel. Assistez à des mariages et baptêmes, et aussi des enterrements. Réjouissez-vous, ou pleurez, avec ces familles et inconnus que vous allez rencontrer. Si les églises sont vides, tenter de sentir ces joies, ces pleurs, ces espérances, ces remerciements ou reproches que vous sentirez imprégner ces lieux. Méditez dans l'ombre et dans la faible lueur des bougies. Rentrez à l'hôtel, mangez végétarien, buvez de l'eau pure, et couchez-vous tôt.

-Maître, vous, un Juif, recommander cela!

-Jeune homme, à chacun sa porte pour entrer au Paradis."

Au quatrième matin, Jacques se retrouva étendu sur un divan, dans une pièce basse et sombre, dans les volutes d'encens, au milieu d'épais grimoires, aux murs chargés de symboles dont certains inconnus de lui, malgré ses nombreuses initiations. Le Maître, enfin ressemblant à ce qu'il attendait, vêtu d'une robe ou d'une chasuble de velours pourpre, un bonnet quadricorne sur la tête, se tenait à son chevet. "Je vous tiens la main, écoutez ma douce invocation, laissez-vous envahir par la torpeur, et ne craignez rien". Les murs semblèrent s'effacer. Jacques vit des enfants noirs s'ébrouant dans un marigot, des blancs jouant dans un village français, des vieillards juifs lisant la Thora en se balançant, des "grätchen" allemandes en jupes traditionnelles, des matriochka dansant, et... et il eut la vision de cette église où une foule de femmes et d'enfants s'était réfugiée, venant se mettre sous la protection divine, confiante. Les miliciens Hutus entrent et, joyeusement, gaîment, comme dans une virée de bidasses, fendent les cranes à coup de machettes, un à un, sans se presser ni s'arrêter, riant des hurlements de terreur puis de douleur. Puis le silence des agneaux pascals. Sang sur les marches de l'autel! C'était en ce XXIème siècle! Autre église, autre lieu, Oradour, les Waffen-SS forcent les habitants à se regrouper dans la maison de Dieu, avant d'y mettre le feu. Une seule femme s'échappe, sautant d'une fenêtre. Puis l'Holocauste, la Shoah. Six millions de Juifs, au moins, exterminés, dont deux à trois "industriellement" dans des usines à tuer et à faire disparaître les corps. Vingt millions de soldats russes tués pour terminer cette guerre. Et dix mille aviateurs alliés morts rien que pour bombarder les villes allemandes. Dresde, vingt mille civils brûlant par le phosphore des bombes anglaises en une nuit. Verdun, on se pulvérise au canon, puis on se rue les uns sur les mitrailleuses des autres, on prend une tranchée, on la reperd, mais on y a perdus dix amis, éventrés pour finir à la baïonnette. C'était cela le XXème siècle. A mesure que le temps remontait, il intervint dans les scènes: il vécut Pittsburgh, à Trafalgar un boulet lui arracha le bras, celui que le Baron Larrey lui coupera à vif à Waterloo. Il n'en était qu'au XIXème siècle! "Assez! je ne veux pas remonter à l'origine du monde! Encore trop de siècles! Je ne veux pas de la Saint Barthélemy, de la prise de Jérusalem par les Croisés, d'Attila, Néron! Je ne veux pas savoir si Homo sapiens a exterminé Neandertal! Assez!"

Jacques avait sauté du divan, couvert de sueurs froides, pâle. Le Maître lui essuyait doucement le visage. "Voilà, c'est fini, j'ai arrêté le fil du temps. Calmez-vous." Le rabbin lui fit boire une tasse de thé fort, lui donna quelques pâtisseries ashkénazes sucrées. "Vous voyez, jeune homme, il n'est pas anodin d'entrer dans la mémoire du Monde".

FIN

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