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seconde version, revue et augmentée.

 

 

X. CONCLUSION.

 

 

     La recherche de la nature de la conscience est celle du phénomène des poupées russes.

    Le chercheur est une poupée russe, et il veut savoir la réalité de son être.

    Il peut partir dans une direction psychologique, ontologique, ou métaphysique: dans quoi est enserrée ma conscience? Quel est le champ supérieur qui la contient et lui permet de s'exprimer?

    Il va donc détruire l'enveloppe qui l'enserre étroitement, pour découvrir finalement que cette enveloppe est incluse dans une autre poupée. Il va alors détruire cette poupée pour faire la même expérience... Il découvrira toujours une autre poupée enserrant la précédente, et se pose la question fondamentale : cela va-t-il finir un jour, ou trouverai-je toujours une autre poupée* ?

 

     Et la réponse qu'apporte ma recherche est : non! Cela ne finira jamais: la poupée russe de la conscience est infiniment emboîtée.[1]

 

*Douglas Hofstadter lui-même, dans son volumineux ouvrage "Gödel, Escher, Bach"D, l'énonce par trois fois (!) p. 436, à propos de la conscience, citant J.R. Lucas, d’Oxford : « En disant qu'un être conscient sait quelque chose, nous affirmons non seulement qu'il le sait, mais aussi qu'il sait qu'il le sait, et qu'il sait qu'il sait qu'il sait, et ainsi de suite, aussi longtemps que nous voulons bien nous poser la question ». P.674, à propos de l'intelligence artificielle : « ... dès lors qu'une fonction mentale a été programmée, les gens cessent de la considérer comme un ingrédient essentiel de la véritable pensée. Le cœur inéluctable de l'intelligence se trouve toujours là où rien n'a encore été programmé. [...] (c'est) le Théorème de Tesler : "l'intelligence artificielle est tout ce qui n'a pas encore été fait" ».

 

 

    Il peut alors inverser le champ de sa quête, et vers l'intérieur, chercher le support de sa conscience, organique, électronique, quantique!

     Il va chercher sur quoi est tendue son enveloppe charnelle, et va découvrir une autre enveloppe, puis une autre, puis une autre, et la même question va émerger : cela va-t-il finir un jour ?

 

     Et la réponse de ma recherche est : non, cela ne finira jamais ou, pas plus optimiste, elle finira sur une absence de butoir : le vide[2], qu'il soit quantique ou métaphysique.

 

 

      À quoi un tel ouvrage alors peut-il être utile, puis qu’il montre que l’appréhension de la conscience résiste à toute tentative de définition, de délimitation, de localisation, de compréhension, de description, d’explication, que cette entité semble n’être attachée spécifiquement ou de manière bi-univoque à aucune structure matérielle, qu’elle est l’expérience nouménale par excellence.

     On l'a vu, la définition, voire même l'appréhension, de la conscience reste une proposition indécidable car autoréférentielle (Gödel) : elle renvoie à elle-même. Pascal, en admettant l'équivalence "être = conscience" en avait déjà fait la remarque. En admettant aussi l'équivalence "entendement = conscience", Roger-Pol Droit [3]le constate en faisant appel à Leibnitz et Kant eux-mêmes : « sur ce point, Kant prolonge la formule de Leibnitz : tout dans l'entendement provient de l'expérience, à l'exception de l'entendement lui-même ».[4]

 

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Suite dans l'ouvrage "Les frontières de la conscience". À paraître Éditions Frison-Roche & Ellébore mars 2017

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Oui, la conscience reste axiomatique : « elle ne se définit pas, ne se démontre pas, elle s’éprouve »

 Oui, alors à quoi un tel ouvrage peut-il être utile?

    Eh bien au moins à persuader de cesser de continuer les recherches dans ce sens et économiser ainsi l’énergie des chercheurs !

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   Ils seraient victimes du phénomène des poupées russes, la conscience étant à l’esprit ce qu’est l’horizon à la vue : une ligne qui s’éloigne à mesure qu’on s’en rapproche !

   Qu’ils cessent d’aller à la poursuite de l’inatteignable !

 

    Que ces études soient dirigées vers le maintien ou la recouvrance d'une pleine conscience chez le malade atteint d'encéphalite, de démence sénile ou d'Alzheimer, le traumatisé crânien, vers l'élévation du niveau d'intelligence du handicapé mental, et, si possible, vers l'élévation parallèle des deux acceptations du terme ─ que de multiples exemples de cet ouvrage montrent corrélés ─, conscience d'être et conscience morale, afin de développer l'altruisme et la compassion, qui manquent tellement sur cette terre !

    Qu'elles servent aussi à améliorer notre attitude envers les animaux en leur reconnaissant un degré élevé de conscience et donc de souffrance, morale autant que physique.

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    Mais le temps est peut-être venu aux astrophysiciens et physiciens des particules de s’intéresser à ce possible champ de conscience dans lequel baignent et se meuvent tous les êtres vivants, et même toute chose existante, leur donnant une conscience graduée, à l’instar des champs de Higgs, de la gravitation, de l’électromagnétisme, dans lesquels toute chose acquière masse, poids, et charge.

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  Quant à la nature réelle de ce champ, sa matière, de quoi est-il constitué, on ne peut que revenir à Ruyer et Hawkins et aux physiciens : si les particules fondamentales de la matière, les quarks, leptons et même les quantums énergétiques, pure énergie sans masse, manifestent une conscience, sont une conscience, alors qu'ils ne sont que des vibrations d'un "quelque chose" qui emplit l'univers, alors ce "vide", ce "rien", qui peut se condenser en matière, EST LE CHAMP DE CONSCIENCE LUI-MÊME. Matière et conscience sont identiques.

      Damasio a-t-il raison quand il dit "Spinoza avait raisonB ?"...  
 

 

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Suite dans l'ouvrage "Les frontières de la conscience". À paraître Éditions Frison-Roche & Ellébore mars 2017

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lire la suite :

 http://www.rene-mettey.fr/pages/LE_CHAMP_DE_CONSCIENCE_14_Annexes_LEtre_Jean_Charon_le_cervelet_le_vide_Descartes_rats_et_empathie_intelligence_animale_lUnivers_EMI_etas_modifies_de_conscience_quanta-9007320.html

 

 

[1] J'en arriverais à énoncer  le "théorème d'incomplétude de la recherche scientifique" : « dès qu'un niveau d'explication est découvert, on voit apparaître un niveau antérieur, quelle que soit la direction dans laquelle on a cherché ».

[2] Certes en déboîtant les enveloppes d’une poupée russe on finit par une minuscule matriochka qui est pleine. Ayant acheté un jour à ma fille une énorme poupée russe, après moult manipulations elle finit par perdre l'ultime pièce. Il y a donc dans ce monde  au moins une poupée russe qui, démontée, finit sur  le vide !

 

[3]in Kant. Le monde de la philosophie. Flammarion. 2008. p. XIII

 

[4] Voici le cheminement qui mène à cette conclusion : « Les empiristes, comme Hume, affirmaient que tout l'ensemble de nos connaissances provient de l'expérience et de ce que nous ressentons et éprouvons par nos sens. Kant, pour sa part insiste sur la conjugaison de la sensibilité et de l'entendement. [...] Pour que cette expérience ne demeure pas informe [...] il est indispensable que l'entendement opère [...] sur ce matériau fourni par la sensibilité.»

On peut traduire en langage d'aujourd'hui : « le cerveau travaille sur les expériences, et en forme des images mentales, des "qualia", des représentations, des affects ... tout dans la conscience ("l'entendement") provient de l'expérience, à l'exception de la conscience elle-même ».

 

[5]Cette démonstration est développée dans le chapitre XIII.1, p.225-233  "La conscience, un peu de philosophie" de l'ouvrage de René Mettey et Françoise Serville, "Mon enfant est différent"F. 

[6] Calque de l'anglais "ubiquist".

[7] Ainsi une construction aussi arbitraire que la théorie des nombres imaginaires rend compte du cheminement de la lumière dans les lentilles de Fresnel. « Ce formalisme a émergé historiquement  en étant déconnecté du réel. […] Comment expliquer le fait que les mathématiques, qui sont des produits de notre activité intellectuelle, soient efficaces lorsqu’on les applique au monde physique ? » Thomas Hausberger, Manuel Bächtold., IREM de l'Université de Montpellier 2, Atelier A2 : Les nombres complexes .

 

[8] Il est étonnant, sauf peut-être pour Monod…, que des penseurs de l’Antiquité aient pu avoir l’intuition aussi précise des premières minutes de la naissance de l’univers après le Big Bang ! Quelques minutes après celui-ci, la matière était tellement concentrée qu’elle ne laissait pas passer les photons. Lorsque sa densité diminua du fait de l’expansion de l’univers, les photons purent s’échapper et cheminer d’emblée en ligne droite, à la vitesse maximale. Et que dire de l'antique Thora, et son  :  «que la lumière soit ! Et la lumière fut !».