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Sentences, aphorismes et dialogues

De Swami Ramananda

 

1. 

L'ultime réalité est comme une femme en haut d'un escalier : il faut monter pour l'embrasser.

(20/02/1898, au bord du Gange).

 

2.   

"Maître, vivre c'est souffrir, et surtout en voyant disparaître ceux que nous aimons, inéluctablement.

-dîtes-moi alors comment ne pas souffrir, si ce n'est en se tuant soi-même?

-cela, notre bon maître le Bouddha Çakiamouni l'a formellement interdit. Il faut mourir à soi-même, par le détachement à tout.

-alors refuser de souffrir, c'est refuser de vivre, c'est refuser d'aimer! Alors moi je vous dis: <<acceptez la souffrance, vous recevrez la vie, vous recevrez l'amour>>".

(Sous l'arbre de Bohdi, 1898)[1]

 

3.   

Les hommes ne sont pas tous mauvais, mais les femmes ne valent pas mieux.

(Borobudur, 1899)

 

4.   

"-Maître, les stoïciens ont retrouvé le message de Siddhârta Gautama, notre vénéré Bouddha : à un roi philosophe qui venait de perdre son royaume, voyait son palais en flamme, sa femme morte violée par la soldatesque, ses fils et filles emmenés en esclavage, les vainqueurs s'enquirent de ne pas le voir pleurer. <<pourquoi pleurerais-je? dit-il, je n'ai rien perdu de moi!>> Suprême détachement!

-ou suprême… attachement à soi?"

(Çakia, 1899)[2]

 

5.   

"-Maître, la vie est absurde, je veux me suicider, comment faire pour me supprimer sans encourir de Karma?

-tue-toi au travail!"

(Pondichéry, 1899)

 

6.   

Qui agresse un médecin est aussi bête, eh bien!  que mon chien, qui me mord la main quand je lui donne son pain.

(Lhassa, 1900)

 

7.   

"Maître, soyez notre gourou!

-pourquoi? en ai-je jamais eu un moi-même? Je n'ai eu besoin de personne pour donner un non-sens à ma vie!"

(Mahé, 1901)

 

8.   

"-Swami, j'ai le droit de disposer de ma vie, comme l'affirme un maître de si haut rang, mais j'ai tout essayé pour la quitter, sans jamais trouver le courage de passer à l'acte! Quel moyen faut-il utiliser pour mourir à coup sûr et sans souffrance?

-fais comme lui, essaye la vieillesse."

(Ranchipour, 1901)

 

9.   

Qui a la pire langue: cette femme ou une vipère? Celle-ci l'a en double, mais celle-là l'utilise doublement.

(Djakarta, 1902)

 

10.     

"-Maître, j'ai fait cette nuit un rêve prémonitoire!

-alors je suppose que tu vas passer ta journée à tenter de le réaliser!"

(Bali, 1902)

 

11.      

Qui se moque des femmes mérite considération, qui les méprise aurait mérité que sa mère l'eût accouché au-dessus d'un gouffre.[3]

(Dehli, 1903)

 

12.      

Vous buvez mes paroles, mais vous feriez mieux de lire les écrits sacrés en Sanscrit : cette langue suave résonnerait dans vos cœurs mieux que mes paroles en Bengali, en Hindi!

-Maître, que ferions-nous de cette langue morte!

-appeler morte une langue qui est étudiée par des milliers d'hommes sages, lue chaque jour par des myriades d'yeux, psalmodiée dans d'innombrables temples, puissiez-vous être aussi vivants quand vous serez vous-mêmes morts!

(Lahore, 1904)

 

13.      

[4]

(1904)

 

14.      

Quand Cela[5] vous donne ses bienfaits, vous vous en réjouissez et ne rejetez pas ses dons; alors pourquoi vous lamenter et refuser quand Cela vous envoie ne serait-ce qu'un petit malheur?

(Chandernagor, 1904)

 

15.      

"-Maître, pourquoi dire "Cela" quand vous Le nommez, n'est-ce pas blasphématoire, "Il" n'est pas une chose?

-je ne nomme rien pour vous laisser le soin de donner le nom que vous voulez: Dieu, dieux, providence, destin, Nature, nature, c'est du même; je ne veux dire "Il" car "Il" peut être "Elle", ou plus sûrement les deux à la fois; je ne veux dire s'Il est personne ou chose, créateur ou créature, incréé ou émané, ou mêmement tout à la fois.[6]

(Calcutta, 1904)

 

16.      

Il y a en Europe des hommes qui se nomment fils de la lumière, et la cherchent lors d'obscures cérémonies dans des caves la nuit!

(Londres, 1905)

 

17.      

Qui aime les femmes n'aime pas une femme.

(Bangalore, 1905)

 

18.      

Les Anglais nous ont colonisés pour nous voler notre thé; les Français pour nous apporter leurs bistrots.[7]

(Chandernagor, 1906)

 

19.      

J'ai vu à Londres un curieux homme, dont je n'ai pas compris la profession[8], s'il était un manuel avec son maillet et son tablier, ou un intellectuel, car ses mains étaient bien peu abîmées, et qui me déclara, péremptoire: "nous savons la nature de Dieu: c'est un Grand Architecte!" Ah oui, un bien piètre architecte qui n'a pas même pu s'arranger pour que le rapport du diamètre à la circonférence tombe juste!

(Dehli, retour de Londres et Paris, 1906)

 

20.      

Vous n'arrivez pas  à compter les étoiles, dites-vous? Preuve de modestie de savants? Mais alors comment avez-vous pu deviner leurs noms?

(Paris, 1906)[9]

 

21.      

"-Maître, qui a raison, moi, le Juif, qui coupe le prépuce de mes garçons dès six jours…

-ou moi, le Muslim, qui attend qu'ils soient plus grands, six ans?

-en somme, vous me demandez de trancher s'il vaut mieux casser ses œufs par le petit ou le gros bout?"

(Jérusalem, 1907)

 

22.      

Qui lave sa vaisselle deux fois ne mangera jamais comme un roi.

(Jérusalem, 1907)[10]

 

23.      

Les Juifs se nourrissent casher, moi je vous dis : "dans un monde où règne la famine, il faut manger pas cher". " Ils observent la Kash Rout? Eh bien contentez-vous d'un casse-croûte!"[11]

(Jérusalem, 1907)

 

24.      

On lapide les ânes parce qu'on ne peut se lapider soi-même. Et qui jette une pierre à un âne se blesse lui-même.

(Le Caire, 1908)[12]

25.      

Ce n'est qu'en haut de la pyramide qu'on s'aperçoit qu'elle a quatre côtés.

(Gisah, 1908)

 

26.      

"Quand le sage montre la Lune, l'imbécile regarde le doigt!

-quand je montre la Lune à ma chatte, elle regarde mon doigt, mais au moins sait-elle qu'elle n'atteindra jamais la Lune, alors qu'elle pourra lécher mon doigt! Le plus sage n'est pas toujours le moins sot!"[13]

(Beijing [Pékin], 1910)

 

27.      

On vous dit, on vous dit: "faîtes comme la majorité de ceux qui vous entourent, faîtes comme on a toujours fait, la multitude et le temps ne peuvent se tromper!"

Et moi je vous dis :"il y a cent milliards de mouches sur Terre, et elles existent depuis des millions d'années, elles ne peuvent se tromper? Alors faut-il faire comme elles, et manger de la m…?"[14]

(Katmandou, 1912)

 

28.      

"-Maître, comment passer un bon moment d'amitié réunis, nous tes disciples si divers? Nous ne pouvons pas boire ensemble: le musulman ne peut pas consommer d'alcool ni même s'asseoir à une table où du vin est servi!

-Alors réunissez-vous en agape fraternelle mais ne buvez que de l'eau!

-Mais le Juif ne peut manger de porc, l'Hindou se révulse à l'idée de voir de la vache sur la nappe!

-prenez un repas végétarien!

-Le Jaïn pleure de savoir qu'on a découpé vive une salade et ne tolère que des fruits blets tombés seuls de l'arbre, ce qui dégoûte les Chrétiens!  

-Alors fumez!"[15]

(Bombay, 1913)

 

29.      

Ils entrent dans la Kâli Yuga, souhaitons qu'ils ne nous y entraînent pas.

(Dehli, 1914)[16]

 

30.      

"-<<vos enfants ne sont pas vos enfants>>, dit Khalil Gibran, "le Prophète". On n'élève pas ses enfants pour soi!

-Certes, mais pas pour les autres non plus!"

(Beyrouth, 1915)

 

31.      

L'ultime réalité est comme du thé vert, sans sucre, sans eau, sans thé.

(1916,Tokyo)[17]

 

32.      

Maître Deshimamoto[18] me confiait : "Dès vingt ans, je pratiquais Zazen; pendant trente-trois ans, je ne comprenais rien au Zen; puis, je me mis à comprendre et, pendant trente-trois ans encore, je compris de mieux en mieux; maintenant que je suis près de la mort, je crains de n'avoir jamais compris, et j'ai peur de manquer le Satori!"

Je lui répondis : "peut-être en fait avez-vous compris qu'il n'y avait rien à comprendre à Zen. C'est cela le Satori".

(Bangalore, 1916, retour de Tokyo)

 

33.      

"Maître, je pratique Zazen depuis vingt ans, et je n'ai pas le moindre début de compréhension, je désespère!

-Puisque le Satori, c'est ne pas comprendre, comment peux-tu désespérer? Tu te crois avant le début, tu en es peut-être après la fin!"

(Kyoto, 1917)

 

 

34.      

"Ramananda, je vous estime et, si vous voulez connaître le satori, je vais vous donner un koân;[19]

-merci, et quel est-il?

-méditez longtemps ceci: quand je frappe mes deux mains pour applaudir, cela fait un bruit;

-oui?

-quel bruit fais-je quand je ne frappe que d'une seule main?[20]

-???? je vais y pensez, mais me permettez- vous de vous en donner un en échange?

-faîtes;

-quand je vous parle en remuant les lèvres et en ouvrant la bouche, vous entendez mes paroles?

-oui!

-alors qu'entendez-vous quand je vous parle en gardant mes lèvres immobiles et ma bouche fermée?

-ceci même"

Et le maître Zen se leva et partit[21].

(Kyoto, 1917)

35.      

"-Maître, ils sont sortis de la Kali-Yuga depuis ce matin! Réjouissons-nous!

-seuls ceux qui sont morts peuvent le faire, les survivants, qu'est-ce qui les attend?"

(Calcutta, 11 Novembre 1918)

36.      

Lorsque Josué abattit les murailles de Jéricho, il fit tuer par les Hébreux tous ses habitants, hommes, femmes, enfants, vieillards et même les animaux! Il inventa le génocide. Craignons que ses descendants n'aient à payer un si lourd Karma!

(Prague, 1918)

 

37.      

"Pourquoi vous plaindre d'être des éternels persécutés, ne vous êtes-vous pas attirés ce dur Karma en crucifiant Jésus le Nazaréen?

-      Nous, Juifs, avons demandé aux Romains de crucifier Ieshoua ben Myriam parce qu'il proférait le blasphème suprême : il se prétendait fils de D..u, voire D..u lui-même! Comprenez nos ancêtres, ils ne purent le tolérer!

-      Et si Jésus s'était proclamé fils du diable, voire le diable lui-même?

-      Ils l'auraient crucifié tout autant!

-      Donc vous ne faîtes aucune différence entre Dieu et diable!"

(Prague, 1918, discussion avec Rabi ben Zohar)

 

38.      

"Maître, Hi Hi Hi! cet homme se croit un grand écrivain, mais ses ouvrages ne sont lus que par lui!

-au moins voici des œuvres lues attentivement".

(Karikal, 1919)

39.      

Nul ne peut dire comment aurait été ce qui n'a pas été.

(Lahore, 1919)

40.      

Le souvenir du bonheur, ce n'est plus du bonheur,

Le souvenir du malheur, c'est encore du malheur,

En sorte que, même si l'homme était destiné à vivre autant de moments de bonheur que de malheur,

Il souffrirait encore les trois-quarts du temps.

(Borobudur, 1919)

 

 

41.      

Fixez-vous l'horizon comme bornes, car ses limites reculent à mesure qu'on avance.

(New Delhi, 1919)[22]

 

42.      

Jéhovah a interdit le porc aux Juifs et aux Musulmans car il savait qu'il n'y en aurait pas pour tout le monde, et il a voulu le réserver aux Chrétiens, ses petits préférés.

 (La Mecque, 1909, réitéré à Jérusalem, 1920)

 

43.      

<<Maître, empruntons  aux chrétiens ce qu'ils ont de bon, récitons le bénédicité avant de prendre notre repas!

-qu'est-ce que le bénédicité?

-avant de commencer à manger, le plus âgé des convives, ou le père de famille, joint les mains ou lève les paumes au ciel, puis récite une courte action de grâce.

-et que dit-il?

-c'est variable: "Sois-Tu bénis, mon Dieu, de nous donner à manger et de nous tenir réunis", par exemple.

-et celui qui meurt de faim ou qui est veuf et sans amis, que dit-il, "Sois-Tu bénis de m'enlever le pain de la bouche et me retirer toute compagnie?" ou " sois-Tu maudit que je sois affamé et seul,"? Allons, "quand tu manges, contente-toi de manger![23]>>.

(Lahore, 16 Juillet 1921)

 

44.      

"Mais vraiment, Maître, pourquoi refusez cette charmante coutume du bénédicité?

-alors, levons-nous et priez avec moi: <<merci Dieu ineffable et bienveillant de me remplir la panse pendant que tant d'autres ventres sont vides>>. Et maintenant, silence, "quand je mange, je mange".

(Lahore, 17 Juillet 1921)

45.      

La liturgie est aussi utile au vrai croyant que des couches de bébé à l'adulte.

(Mahé, 1921)

 

46.      

Je suis allé à Rome. Au nom du doux Christ Jésus, les chrétiens prêchent l'amour et le pardon des offenses, et depuis des siècles ils ont brûlé, torturé, banni, honni en Son Nom. Nous, hindouistes, adorons Kali la noire, déesse de la mort et de la destruction, et n'avons jamais tué personne pour son adoration. Va comprendre, Nestor!

(Yanaon, 1921)[24]

 

47.      

N'acceptez pas les limitations que vous fixent votre culture ou la société! N'acceptez pas que votre esprit soit borné! Osez transgresser les règles de la pensée. Car, quand ces bornes seront franchies, votre entendement n'aura plus de limites.

(New-York, 1922, conférence au Madison Square Garden)

 

48.      

Quand vous êtes en haut de la pyramide, qu'importe la face par laquelle vous êtes monté![25]

(New-York, 1922)

 

49.      

"O Temps! suspend ton vol"

"Oui, répondit le Temps, mais… combien de temps?"

(Princeton, 1922)[26]

 

50.      

"J'ai rencontré en Amérique[27] un homme que l'on prétend le plus grand savant de tous les siècles. Il a percé les secrets de l'espace et du temps, mieux que nos brahmanes. Il prétend que, lorsque quelqu'un va plus vite qu'un autre, ils ne vieillissent pas de manière identique, et que le plus rapide, à la fin de la course, est plus jeune que le plus lent.

Ainsi, quand je me promène avec ma chienne, pendant une heure nous allons en forêt. Je parcours un lei*. Mais comme elle a couru à droite, à gauche, m'a devancé, est revenue vers moi, pendant cette heure, elle a couru au moins quatre leis**, et serait donc plus jeune que moi ne serait-ce que de quelques fractions secondes à la fin de la promenade? Cela serait fort possible, mais quand je la caresse après cette course, je veux bien concevoir que ma main soit maintenant plus vieille que le dos de ma bête, mais comme elle a battu de la queue en permanence en courant, le bout de celle-ci serait-il plus jeune que sa racine? Comment pourrait-elle tenir?"

(Bangalore, 1923, retour des USA)

 

51.      

"Maître, il est fou ce vieux savant[28] qui vous a dit que l'homme, cette merveille, descend du singe! Comment se tromper aussi lourdement.

-il se trompe en effet: l'homme est un singe!"

(Mahé, 1923)

 

52.      

"Maître, vous me donnez une étoile pour but, mais je ne l'atteindrai jamais!

-non, mais tu ne perdras jamais ton chemin."

(Dehli, 1923)

 

53.      

"-Maître, y a-t-il vraiment un chaînon manquant entre le singe et l'homme?

-oui, nous".

(Mahé, 1923)[29]

 

54.      

Suivez mon enseignement, et vous atteindrez comme moi le suprême détachement. Voyez, ma propre vie m'indiffère, je suis prêt à la quitter, je suis même prêt à la revivre.

(Lhassa, 1923)

55.      

On naît seul, et on reste seul, des langes au linceul[30].

(Jodhpur, 1923)

56.      

Le Nirvana m'attend, je suis prêt à mourir, dans l'eau, dans mon sommeil, dans l'extase, dans l'épectase, n'importe quand, de n'importe quelle façon, et même à la rigueur à ne pas mourir du tout.

(Bombay, 1923).[31]

 

57.      

Lorsque « l'On » nous propose de naître, nous l'acceptons avec plaisir; alors pourquoi rechignons-nous quand « On » nous demande de mourir?

(Mahé, 1924)

58.      

On naît nu, mais, dans notre linceul, on n'est ni nu ni vêtu!

(Yanaon, 1924)

59.      

L'ultime réalité est comme une chienne en haut d'une échelle : il faut monter pour la caresser.

(20/02/1924, au bord du Gange).

 

 

 

Ceci fut sa dernière pensée, qu'il exprima en expirant. Puis il entra en Nirvâna, et son âme rejoignit l'Atman. On remarquera qu'elle reprend son premier aphorisme de 1898 : la boucle est bouclée!

        Mais la formulation a changé : la femme est remplacée par la chienne, que l'on caresse mais qu'on n'embrasse pas. Plus que le fait que le Maître ait eut une grande affection pour sa chienne Éva dans les dernières années de sa vie, ne faut-il pas y voir une volonté de "désexualiser" l'aphorisme pour le rendre plus universel? De montrer aussi que l'on ne pourra jamais "embrasser" l'ultime réalité mais seulement l'effleurer?

        De même si l'escalier, symbole d'élévation et d'effort, y a été remplacé par l'échelle, symbole identique mais peut-être encore plus ardu à gravir, n'est-ce pas encore pour y atteindre l'universalité encore, en reprenant l'échelle sémitique de Jacob ou l'idéogramme du Tao, qui figure effectivement une échelle[32]?

Chi lo sa!

 

 

                                       Yeshoua mehmet  daoud![33]

 

 



[1] Polémique avec des bonzes bouddhistes, sur les lieux-mêmes où le Bouddha reçut l'illumination.

[2] Mêmes polémistes, même thème, un an plus tard!

[3] NB : cette pensée est la reprise d'un aphorisme de 1899, à Lhassa, mais "gouffre"  y a remplacé "fosse septique". On voit comment la pensée du Maître, sans jamais changer sur le fond, a gagné en finesse et en force dans sa formulation en quelques années.

[4] Il s'agit ici de la pensée perdue. On ne sait ni si elle fut édictée mais que les disciples oublièrent de la noter, et effectivement perdue, ou gardée secrète,  ni où elle fut prononcée, ni quand exactement, seule l'année semble certaine.

[5] voir la réponse suivante au questionnement du disciple.

 

[6] Dans cette maxime, Ramananda dépasse et englobe toutes les doctrines et les conceptions de Dieu; il semble évoquer un panthéisme, mais il va au-delà du panthéisme.

[7] Remarque déjà faite par un autre grand mystique, Swami Ramdas (Carnets de pèlerinage).

[8] Profession pour vivre, ou … profession de foi? Toujours cette finesse de Ramananda!

[9] Discussion avec des astronomes lors d'une visite à l'observatoire de Paris.

[10] C'est lors d'un séjour à Jérusalem que le Maître eut cette pensée, voyant des Juifs laver avec minutie leur vaisselle pour cuisiner casher, pour être sûrs que la viande n'y rencontrerait pas le lait. Sa méditation est si profonde que l'interprétation reste difficile: le roi visé est-il le Messie qu'attendent les Juifs? Cela signifie-t-il que l'observance minutieuse des rites ne garantit pas l'illumination?

[11] Ce jeu de mot plaisant -le Maître était assez facétieux et souvent plaisantait avec ses disciples- est difficilement traduisible du Bengali. La traduction est donc approximative. La sentence est: << Judeaani Casher manadant, ti dui  kash Ehra dada! Kash Rout diva? Mirana kash routdoudou!>>.

[12] On sait que le grand amusement des Cairotes est de lapider les ânes vieillis ou blessés, quand ils ne peuvent plus rendre service.

[13] Rencontre avec un sage taoïste.

[14] La formulation est un peu grossière, et inhabituelle pour cette période du Maître. Il semble qu'Il ait été incommodé par la saleté de la capitale du Népal et son abondance de mouches. Certaines éditions indiennes ou tibétaines ne contiennent pas cet aphorisme, mais j'ai préféré le laisser pour garder toute la saveur de l'enseignement du Maître. Ceci  montre toute la complexité de sa personnalité. Après tout, n'était-il pas un homme?

[15] Rudiar Kipling  ne s'en serait-il pas inspiré pour son fameux  poème : "La loge mère"?

[16] Inutile de préciser de qui et de quel événement Ramananda parle.

[17] Le maître eut cette pensée lors d'un séjour dans la capitale du Japon. Elle fut la réponse à des détracteurs moines Zen, qui l'avaient invité à la cérémonie du thé vert. Il leur cloua alors le bec. Comparer avec Jésus répondant aux Sadducéens.

[18] Un grand maître du Zen.

[19] C'est le grand Maître Zen Kawasaki qui interpelle Ramananda.

[20] Très célèbre koân zen.

[21] Semblant dire que les paroles de Ramananda n'ont pas plus d'importance qu'il soit là ou pas! Apparemment, c'est la seule fois où Ramananda se fit river son clou!

[22] On reconnaîtra l'aphorisme de 1908 dispensée à "Old" Dehli. Toujours ce progrès de la pensée qui nous rend le Maître si  proche car si humain…

[23] Célèbre adage Zen.

[24] Rencontre, à son retour de Rome où il ne fut pas reçu par le Pape qui lui refusa une audience, avec le patriarche de l'Église nestorienne malabar.  (Eglise chrétienne de l'Inde).

[25] Ramananda s'exclama ainsi après que ses accompagnateur lui eurent fait remonté la sixième avenue, et qu'il fut passé successivement devant la grande synagogue, la cathédrale St Patrick, un temple méthodiste, puis épiscopalien, presbytérien, baptiste du nord, baptiste du sud, pentecôtiste, luthérien, une église arménienne, orthodoxe, luthérienne, anglicane et  réformée, tout ceci sur trois miles!

[26] Lors de son voyage aux USA, sur la fin de sa vie, ses disciples américains lui firent visiter la prestigieuse université de Princeton. Il disparut brusquement et fut introuvable quelques heures et prétendit à sa réapparition avoir rencontré un certain Professeur Albert Einstein. Ils auraient discuté longtemps en privé. Einstein rapporta plus tard une anecdote semblable (voir la préface). Il dit avoir été étonné des connaissances du Maître en physique théorique. Cet aphorisme d'ailleurs ébranla la certitude du grand savant sur la validité de sa théorie de la relativité. On a prétendu qu'il songea alors à la modifier, voire même l'infirmer, mais il mourut peu après.

[27] Voir note précédente.

* Environ quatre kilomètres.

** Environ seize kilomètres.

[28] A la suite de la visite à l'Académie royale des Sciences, lors du deuxième voyage à Londres.

[29] Pierre Dac aurait-il eu connaissance de l'œuvre de Ramananda? Il aurait appartenu à des cercles ésotériques qui avaient accès à la pensée hindouiste.

[30] En Bengali: "Nova tatah, rabinatah, maraba tah!"

[31] Ces deux pensées furent formulées l'année d'avant sa mort, et montrent sa grande préparation, mais aussi atteignent l'universel. D'ailleurs, deux grands artistes français ne les lui auraient-ils pas empruntés?

[32] Voir René Guénon : "La grande Triade". Gallimard.

[33]Hic finit opus!

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