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Publié par René Mettey

Les nouvelles venant d'Israël, ce pays sacré où je me suis rendu, sont tellement déchirantes que je n'ai rien écrit sur mon blog.

Mais ce jour un article dans le Figaro par Samuel Fitoussi est si pertinent, même si cet humour désespéré est très noir, que je le reproduis. [Le Fig' peut me le faire retirer sans problème, je n'ai pas demandé d'autorisation ni versé de droits].

Samuel Fitoussi : «Voyage imaginaire de députés de La France insoumise à Gaza»
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Samuel Fitoussi.
Samuel Fitoussi. Fabien Clairefond

CHRONIQUE - Chaque lundi, pour Le Figaro, notre chroniqueur pose son regard ironique sur l’actualité. Cette semaine, il met en scène le déplacement fictif d’élus de La France insoumise à Gaza, où ils confronteraient leur vision de l’intersectionnalité avec les terroristes du Hamas.

Ceci est une fiction inspirée de faits réels. Toute ressemblance avec des personnages existants serait pure coïncidence.

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Le samedi

Retrouvez les chroniques, les analyses et les tribunes qui animent le monde des idées et l’actualité. Garanti sans langue de bois.

7 octobre, 10 heures du matin. Alors que des attaques terroristes sont en cours en Israël, les députés La France insoumise se réunissent.

- Appelons au respect du droit international, suggère Thomas Portes. Les soldats israéliens intervenant dans les kibboutz ne doivent pas tirer aveuglément sur tous ceux qui portent une arme et crient « Allah akbar » : l’islamophobie et les contrôles au faciès ont déjà assez tué.

On marque alors une minute de silence pour les premières victimes du massacre : les communautés musulmanes qui risquent de subir amalgames et discriminations.

15 octobre. Jean-Luc Mélenchon convoque sa garde rapprochée et se lance dans une diatribe : l’exactitude de l’information est une nécessité démocratique, l’accès à la vérité un droit citoyen précieux. Or, contrairement à ce qu’on peut lire, les terroristes n’ont pas décapité 40 bébés, ils les ont juste égorgés ou brûlés vifs. Mais tout est bon pour diaboliser le Hamas…

17 octobre. Le Hamas publie un communiqué affirmant qu’Israël a bombardé un hôpital et tué 500 civils. Les députés LFI s’empressent de relayer l’information. Israël a beau nier les faits, on n’est pas dupes : entre la parole de l’État juif et celle d’islamistes génocidaires, il n’y a pas lieu d’hésiter !

Je soutiens votre combat décolonial et intersectionnel, même si le bilan carbone de vos lance-roquettes est alarmant.

20 octobre. Insatisfaites des efforts diplomatiques d’Emmanuel Macron, Mathilde Panot et Danièle Obono se rendent à Gaza. À peine arrivée, Obono évite de justesse d’être percutée par un homosexuel jeté du haut d’un immeuble, puis manque de trébucher sur le cadavre d’une otage israélienne violée et défigurée. La culture du viol sévit dans ces contrées, comprend-elle, l’oppression sioniste a des effets dévastateurs.

- Chers résistants et résistantes, dit-elle aux dirigeants du Hamas, vous êtes toutes et tous mes frères et sœurs opprimés et opprimées. Je soutiens votre combat décolonial et intersectionnel, même si le bilan carbone de vos lance-roquettes est alarmant.

- Mécréante, nous souhaitons mener le djihad, détruire l’entité sioniste, tuer les Juifs, instaurer un califat mondial.

- Avez-vous pensé à suivre des cours d’empathie pour guérir votre masculinité toxique ? Cela dit, je ne vous juge pas, je ne suis pas islamophobe.

De son côté, Mathilde Panot visite une école gazaouie. Les élèves ne semblent pas bien informés de la différence entre sexe biologique et identité de genre, tandis que les programmes scolaires sont pleins de stéréotypes de genre (ce qui explique sans doute la regrettable absence de parité au sein des commandos djihadistes du 7 octobre). Elle demandera au collectif « La charge mentale, ça suffit ! » de venir dispenser des formations à Gaza ; la mairie de Grenoble acceptera sans doute de subventionner le projet.

22 octobre. Les deux députées se rendent à Tel-Aviv, où elles entament une grève de la faim pour demander à Israël d’arrêter d’embêter le Hamas, et aux Juifs Français d’arrêter d’importer le conflit en France. Elles croisent des membres de la communauté LGBTQIA+, auxquels elles recommandent de venir vivre en Seine-Saint-Denis pour fuir l’extrême droite sioniste. Elles apprennent ensuite qu’il y a un total de quelques milliers de Juifs dans les 50 pays à majorité musulmane, contre 1,8 million de musulmans israéliens (21 % de la population). C’est bien ce qu’elles craignaient : les Juifs, racistes, refusent d’habiter dans les pays arabes !

Louis Boyard appelle Israël à construire des ponts plutôt que des murs, quitte à accepter quelques massacres de temps en temps

25 octobre. En France, les actes antisémites connaissent une forte augmentation. Aymeric Caron s’inquiète : cela pourrait alimenter l’islamophobie. Par antiracisme, il décide donc d’arrêter de combattre l’antisémitisme. De son côté, Louis Boyard convoque une conférence de presse pour présenter un plan pour une paix durable au Proche-Orient : il appelle Israël à construire des ponts plutôt que des murs, quitte à accepter quelques massacres de temps en temps (le risque zéro n’a jamais existé, signale-t-il très justement), demande aux otages israéliens de s’assimiler à la culture gazaouie plutôt que de vouloir à tout prix rentrer chez eux (les destins humains sont faits de migrations) et rappelle la définition du décolonialisme : soutenir le droit de tous les peuples à l’autodétermination, sauf celui du peuple juif. Enfin, il prend le consensus historique à contrepied en émettant une hypothèse intéressante : nous n’aurions pas dû combattre le nazisme, car cela faisait souffrir les Allemands.

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